Lundi 19 janvier, près de 150 personnes en situation de grande précarité, installées dans des locaux du siège de la métropole grenobloise, se sont mobilisées pour demander des solutions de relogement. La majorité d’entre elles ont dû quitter leur lieu d’hébergement, notamment à la suite de pratiques de marchands de sommeil ou d’expulsions menées par le bailleur social Actis.
“Vingt-cinq personnes ont pu être mises à l’abri par d’autres communes (Meylan, Le Pont-de-Claix), mais nous attendons encore des dates d’entrée dans de futurs logements. Il n’y a toujours aucune solution pour l’ensemble des 150 personnes, qui vivent dans des conditions indignes”, explique Manon, bénévole au sein du DAL 38.
“On est épuisé”
Parmi les occupants, plusieurs ont été expulsés après avoir été victimes de marchands de sommeil. Pensant être en règle, ils versaient leur loyer à ces intermédiaires frauduleux et non au véritable bailleur Actis, ce qui a conduit à leur expulsion, leurs logements étant alors considérés comme des squats. Certains payaient jusqu’à 150 euros par semaine pour une simple chambre, sans chauffage, sans électricité et avec un accès à l’eau très limité.
Aujourd’hui, ils sont près de 150, contraints de vivre dans une même salle, qui n’est pas adaptée à cet usage.“Dormir avec des nouveau-nés et autant de personnes, ce n’est vraiment pas facile”, témoigne Keita, l’une des occupantes.
Des pistes de relogement émergent
Manon, porte-parole de la DAL 38, évoque notamment des bâtiments inoccupés dans les anciennes cités de l’Abbaye, l’ancienne résidence universitaire du Rabot ou l’hôtel Gallia, qui pourraient être utilisés comme hébergement d’urgence. “Nous sommes ici aujourd’hui pour obtenir des solutions de relogement. La situation est inadmissible : 150 personnes entassées dans une salle. Il faut agir.”, insiste Kotandindimi, l’un des manifestants présents.
🎥 Manon bénévole au DAL38 et Mohammed, l’un des occupants, parlent de cette situation en vidéo.