La récente élection d’Éric Ciotti à la mairie de Nice a rebattu les cartes de l’organisation des Jeux olympiques d’hiver de 2030 dans les Alpes. Alors que la majorité des épreuves se dérouleront finalement en Savoie et à Lyon, Grenoble n’est pas parvenue à se faire une place dans le dispositif olympique.
C’était l’une de ses promesses de campagne. Le candidat Éric Ciotti (URD-RN) ne voulait pas que le stade de football de la ville soit transformé en aréna de glace pour accueillir les épreuves olympiques de hockey sur glace en 2030. Une position qu’il a confirmée une fois élu et qui a conduit le Comité international olympique (CIO) à retirer à la capitale azuréenne l’ensemble des disciplines sur glace : hockey sur glace, patinage artistique, short-track et curling.
Plusieurs villes se sont alors portées candidates pour récupérer tout ou partie de ces compétitions. Paris, Lyon ou encore Gap ont manifesté leur intérêt. À Grenoble, tenue à l’écart du projet olympique alpin depuis le début, ce sont les acteurs économiques isérois qui sont montés au créneau. Le 31 mars dernier, lors d’une conférence de presse organisée dans l’urgence, ils ont appelé la nouvelle maire de Grenoble à défendre une candidature de la ville pour accueillir les épreuves de hockey sur glace. Leur proposition reposait notamment sur la réhabilitation du Palais des Sports.
Sur le papier, Grenoble disposait d’arguments solides. Avec les Brûleurs de Loups, la capitale des Alpes a développé depuis plus d’un demi-siècle une véritable culture du hockey sur glace. Une passion qui se traduit chaque saison par les meilleures affluences du championnat de France à la patinoire Polesud. Le fait de réhabiliter un lieu emblématique des Jeux olympiques de 1968 pouvait être aussi un symbole qui parle au CIO.

Mais cette proposition avait également tout du cadeau empoisonné pour le début de mandat de Laurence Ruffin. Ses principaux soutiens politiques, les écologistes, se montrent traditionnellement réticents à l’organisation de grands événements sportifs de cette ampleur. Le conseiller régional écologiste grenoblois Pierre Janot est, par exemple, le fer de lance du mouvement anti-JO dans les Alpes.
Laurence Ruffin avait néanmoins laissé entendre qu’elle allait étudier le dossier. Relancée la semaine dernière, elle nous a confirmé que Grenoble n’avait finalement pas déposé de dossier de candidature : "Nous avons eu des discussions avec le comité d’organisation des Jeux olympiques, qui nous a indiqué que les conditions n’étaient pas réunies pour accueillir des épreuves à Grenoble. La taille de nos équipements n’était pas suffisante."
Pourtant, le CIO ne fixe pas officiellement de capacité minimale pour une patinoire accueillant le tournoi olympique de hockey sur glace. Ses exigences portent principalement sur trois critères : la conformité sportive de l’équipement (dimensions, sécurité, espaces médias, loges et vestiaires), sa capacité à accueillir spectateurs, athlètes, officiels et diffuseurs, ainsi que l’héritage laissé par le site après les Jeux.

Ces dernières années, les patinoires utilisées pour les compétitions olympiques de hockey affichaient généralement des capacités comprises entre 10 000 et 18 000 places. La nouvelle aréna de Milan, construite spécialement pour les Jeux de 2026, affiche 11 800 places assises. Un chiffre bien supérieur aux 4 200 places de Polesud ou à ce qu’aurait pu proposer un Palais des Sports rénové.
Pour autant, Grenoble a déjà démontré sa capacité à accueillir un événement populaire de grande ampleur autour du hockey. Le 22 décembre 2013, le Stade des Alpes avait été transformé en immense patinoire à l’occasion d’un simple match de championnat entre les Brûleurs de Loups et Briançon. Une première en France qui avait attiré 19 767 spectateurs (photo ci-dessous).

Et comme le CIO avait déjà validé à Nice le principe d’utiliser stade de football pour le tournoi olympique de hockey sur glace, il aurait pu être sensible à une proposition similaire au Stade des Alpes. Mais Grenoble n’a pas candidaté et c’est finalement Lyon, pourtant dirigée par un maire écologiste, qui vient de récupérer officiellement l’ensemble des épreuves sur glace initialement attribuées à Nice. Les Grenoblois se consoleront en se disant qu’ils pourront assister aux compétitions à moins d’une heure de chez eux.