Depuis le 30 mars, la piscine Jean Bron rouvre partiellement ses portes à Grenoble, avec une particularité : permettre aux habitants de nager en extérieur, même au printemps. Une expérimentation portée par la Ville pour compenser la fermeture d’un autre équipement, et qui séduit déjà ses premiers usagers.

À Grenoble, la réouverture de la piscine Jean Bron ne doit rien au hasard. Comme l’explique Saman Alirezai, responsable du pôle aquatique à la Ville de Grenoble, « cette ouverture, elle s’inscrit dans une volonté de rattraper une fermeture d’une piscine, la piscine du Clos d’or qui est actuellement en rénovation ».

Face à cette contrainte, les équipes municipales ont dû s’adapter et imaginer une alternative. « La solution qui semblait la plus adaptée, c’était celle d’ouvrir la piscine Jean Bron à l’automne et au printemps », précise-t-il, après une première phase test à l’automne 2025. Désormais, le dispositif s’élargit : « depuis lundi, on a ouvert l’établissement […] et nouveauté pour cette période, on a ouvert également au public ».

piscine Jean Bron ouverte en mars horaires

Nager dehors, même en mars

Avec une eau maintenue à 27°C, la piscine offre des conditions inhabituelles pour la saison. « L’avantage, c’est qu’on n’est pas dans une piscine couverte. L’air qu’on respire, c’est un air qui n’est pas artificiel », souligne Saman Alirezai, pour qui il s’agit d’« une pratique de la natation différente, qui est source de bien-être ».Un ressenti partagé par les nageurs. Daniel, usager occasionnel, confie qu’il n’a « pas trop l’habitude […] là, c’est assez agréable ».

piscine Jean Bron ouverte en mars nager

Même enthousiasme chez un nageur régulier : « ça fait beaucoup de bien », assure-t-il, estimant même que « c’est mieux de nager quand il fait froid dehors », notamment parce que « on a l’impression que l’eau est super chaude ».

Un défi technique et énergétique maîtrisé

Derrière cette ouverture atypique, un important travail technique a été mené. Pascal Reydellet, chef de service des équipements sportifs à la municipalité, rappelle que « normalement, cette piscine n’est pas chauffée », mais qu’un système permet désormais de « transférer la puissance du chauffage urbain […] sur notre bassin ».

Résultat : « ce qui nous permet d’avoir une température à 27 degrés et […] un confort d’usage pour nos usagers optimal ». La Ville a investi près d’un million d’euros pour adapter l’équipement : vestiaires rénovés, luminaires, couvertures thermiques et barnums chauffés pour relier les espaces au bassin.

« Contrairement aux idées reçues, le coût énergétique reste maîtrisé. On n’avait pas des coûts qui étaient stratosphériques », insiste Pascal Reydellet, rappelant que chauffer une piscine couverte implique aussi de « chauffer l’air » et de le « déshumidifier », ce qui n’est pas nécessaire ici.

Une expérimentation encore en test

Si les premiers retours sont positifs, la Ville reste prudente. « On est encore sur des phases de test », rappelle Saman Alirezai, même si « ça se passe très bien » et que « les équipes sont ravies ». Sur le terrain, la fréquentation commence à s’installer, avec « une trentaine de nageurs » observée ce mercredi 1er avril.

Reste désormais à confirmer l’essai jusqu’au 5 juin, date de fin de cette ouverture printanière, et peut-être à inscrire durablement cette pratique dans le paysage grenoblois.

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