Municipales : Christophe Ferrari évoque un « putsch » de Grenoble sur la Métropole

À six mois des Municipales de mars 2026, la bataille pour la présidence de Grenoble-Alpes Métropole s’annonce particulièrement tendue. Christophe Ferrari, actuel président de l’institution, s’interroge sur la possibilité d’un « putsch » de la Ville de Grenoble, portée par ses élus écologistes, dans un contexte de rapport de force en pleine évolution.

Le poids de Grenoble de plus en plus fort

Depuis quinze ans, la place des élus grenoblois au sein du conseil métropolitain n’a cessé de croître. Passée de 19 % en 2009 à 25 % en 2014 puis 30 % en 2020, leur représentation dépassera le tiers des 110 sièges lors du prochain mandat.
La Métropole est dirigée par des élus des 49 communes qui la composent, chaque ville étant représentée en fonction de la taille de sa population. En 2020, un accord local, soutenu par Grenoble, avait porté le nombre de sièges de 110 à 119 afin que neuf villes moyennes disposent de deux représentants au lieu d’un*. Cette décision, en réduisant mécaniquement le poids de Grenoble, visait à renforcer la parité et surtout rassurer les communes qui craignaient une hégémonie de la Ville-centre.

Un climat délétère au sein de la Métropole

Mais la donne a changé après les Municipales de 2020. La gauche s’est fracturée autour de la présidence de la Métropole. Alors que Yann Mongaburu, soutenu par Éric Piolle, apparaissait comme favori, Christophe Ferrari avait finalement remporté l’élection grâce à l’appui des élus macronistes. Un épisode que les écologistes n’ont jamais digéré.
Depuis, tensions et divisions minent la majorité métropolitaine. Un conflit qui a généré plusieurs procédures judiciaires entre la Ville et la Métropole et qui a ralenti des projets majeurs d’aménagement comme le Métrocâble par exemple. 

Grenoble reprend la main

En 2024, les écologistes grenoblois ont décidé de mettre fin à l’accord de 2020, rétablissant ainsi le calcul légal des sièges à 110 places. La Ville avait jusqu’au 31 août 2025 pour revenir sur cette décision, ce qu’elle n’a évidemment pas fait. Résultat : en 2026, Grenoble pèsera plus lourd que jamais au sein de l’assemblée avec plus d’un tiers des sièges.
Cette perspective inquiète Christophe Ferrari. Dans un communiqué diffusé ce mercredi, il s’interroge sur « la volonté et la manière de faire Métropole demain en cas de succès d’une candidature grenobloise » et va même jusqu’à employer le mot de « putsch » en s’interrogeant sur la stratégie des écologistes.

Une bascule décisive en 2026 ?

Si la nouvelle répartition avait été appliquée en 2020, Yann Mongaburu aurait logiquement été élu président de la Métropole (et sans « putsch »…). En 2026, les écologistes de Grenoble pourraient donc se retrouver en position de force pour diriger à la fois la Ville et la Métropole, scellant ainsi une recomposition politique inédite dans l’agglomération grenobloise. Mais avant ça, il faudra remporter les élections municipales. Et là aussi, la capacité de la gauche à s’unir, ou pas, sera un facteur déterminant…

* Les neuf communes concernées par la perte d’un élu communautaire en 2026 : Claix, Domène, Gières, La Tronche, Saint-Martin-le-Vinoux, Seyssins, Varces-Allières-et-Risset, Vif et Vizille

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