Associée depuis 2014 aux écologistes pour diriger la ville de Grenoble, la France Insoumise a décidé de rompre avec la majorité municipale et de présenter une liste autonome aux prochaines élections. Cette rupture a été actée le 20 septembre dernier lors d’une conférence de presse. Mais pas par tout le monde…
Une rupture adoubée par l’ancienne 1ère adjointe d’Eric Piolle
Elu depuis 2014 et actuellement adjoint au maire chargé du commerce, Alan Confesson s’est imposé, ces dernières années, comme le chef de file du mouvement de Jean-Luc Mélenchon au sein de la majorité grenobloise. On pouvait donc penser qu’il avait l’expérience et la légitimité pour mener cette liste. Mais c’est un autre Allan (avec deux L) qui est sorti du chapeau : Allan Brunon. Un militant de 26 ans, présenté comme originaire de La Villeneuve mais inconnu à Grenoble. Une candidature de rupture adoubée par la députée Elisa Martin, qui fût pourtant la 1ère adjointe d’Eric Piolle pendant huit ans.
Alan Confesson en rupture avec la stratégie de LFI
Mais ce jour-là, Alan Confesson n’était bizarrement pas présent. On comprend maintenant pourquoi. Ce lundi soir, il a officialisé lui aussi sa rupture, mais avec la stratégie de son mouvement : « LFI s’apprête à mener une campagne dans une logique purement identitaire et sectaire. Avec à la clé un seul but, totalement décorrélé de Grenoble : renforcer les groupes d’actions insoumis pour être prêts en vue de la prochaine élection présidentielle. Tout, en tout temps et en tout lieu, doit être mis au service de l’ambition présidentielle de Jean-Luc Mélenchon. »
« Des réunions atterrantes de médiocrité »
Au passage, il n’épargne pas non plus la tête de liste LFI Allan Brunon : « Il n’est pas de Grenoble, il ne connaît pas notre ville et personne ne peut penser sérieusement qu’il peut être maire alors qu’il se désintéresse totalement des dossiers locaux. Cette future liste insoumise sera constituée des éléments les plus sectaires et les plus vindicatifs de LFI. En effet les Insoumis les plus unitaires ou plus simplement les plus constructifs ont fini par déserter des réunions atterrantes de médiocrité dans les arguments employés. »
Une campagne qui s’annonce musclée entre les anciens alliés
Inutile de dire qu’après ses déclarations au vitriol, l’élu grenoblois va être immédiatement purgé de LFI. Comme, avant lui, la conseillère régionale Emilie Marche qui avait elle aussi dénoncé cette démarche de rupture qu’Alan Confesson qualifie de « nuisible et mortifère ». Il a logiquement annoncé qu’il figurerait sur la liste écologiste menée par Laurence Ruffin. On imagine l’ambiance entre les deux anciens courants alliés dans les prochaines semaines de campagne…