La candidate socialiste Amandine Germain (au gauche sur la photo) a décidé de rejoindre la liste écologiste menée par Laurence Ruffin (à droite) pour les prochaines municipales à Grenoble. Ce vendredi soir, lors de la conférence de presse scellant cette union, elles ont parlé, d’une même voix, d’un accord historique.
« Un accord historique »
Pour mieux appréhender le terme, il faut remonter le cours de l’histoire politique locale. Les socialistes et les écologistes grenoblois ont dirigé ensemble la ville sous la houlette de Michel Destot à partir de 1995 mais des dissensions sont apparues lors du deuxième mandat au point que les anciens alliés se sont transformés en meilleurs ennemis lors de l’élection de 2008. Michel Destot a finalement rempilé pour un troisième mandat mais les écologistes, passés dans l’opposition, lui ont mené la vie dure au sein du conseil municipal. Jusqu’à la victoire d’Eric Piolle en 2014 qui a inversé les rôles et le rapport de force.
Une union bien placée pour gagner
On peut donc considérer que depuis une vingtaine d’années, socialistes et écologistes ne sont pas en phase sur la façon de gérer Grenoble. Alors, les voir s’unir pour l’élection 2026 est effectivement un fait marquant. Peut-être pas de quoi en faire un moment historique qui marquera les mémoires pendant des décennies mais suffisamment, en tout cas, pour renforcer les perspectives de victoire en mars prochain pour cette nouvelle alliance à gauche. « Les Grenoblois en ont assez de ces bagarres d’étiquettes. Ils ont envie que l’on puisse se rassembler largement sur un cap clair autour de la justice sociale, climatique et fiscale » estime Amandine Germain. « On est sur l’idée d’un changement de méthode en mettant la coopération avec les habitants au cœur du projet » poursuit Laurence Ruffin. « On a un axe sur la protection et l’amélioration du quotidien et un autre pour faire de Grenoble une ville qui innove sur la gestion du réchauffement climatique et le développement de l’économie locale ».
Des sujets à trancher ?
Si les deux camps semblent en phase sur la philosophie générale, qu’en sera-t-il sur les propositions concrètes que portera cette liste commune ? Certains sujets pourraient poser problème. Comme la poursuite ou non du projet de Métrocâble pour lequel les deux camps étaient sur des positions opposées ces derniers mois au sein du conseil communautaire. Autre sujet sensible, les impôts locaux ! En 2023, la socialiste Cécile Cenatiempo, alors dans l’opposition municipale, avait exhorté les écologistes « à ne pas adopter la même attitude que le gouvernement avec la réforme des retraites et à revenir en arrière sur la hausse de 25% de la taxe foncière ». Depuis, le PS a fait plier le gouvernement sur les retraites. On comprendrait mal que les socialistes grenoblois n’arrivent pas à faire de même, avec leurs nouveaux alliés, sur cette hausse d’impôts qu’ils avaient fortement combattue et qui avait mécontenté beaucoup d’habitants.
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