Après 24 ans à la tête d’Echirolles, le communiste Renzo Sulli a passé la main avant la fin en 2023, de son cinquième mandat. C’est sa première adjointe Amandine Demore qui a pris sa place. Un passage de pouvoir anticipé qui visait à préparer en douceur la transition. On en est loin…
En cette fin de campagne, c’est effectivement loin d’être la douceur qui prévaut à Echirolles où les coups bas entre adversaires se multiplient. En face de la maire sortante Amandine Demore, deux autres listes de gauche se sont montées. Notamment une, menée par Laëtitia Rabih, l’actuelle deuxième adjointe en charge d’un gros portefeuille : l’aménagement, l’urbanisme, l’habitat et l’activité économique.
Les anciennes alliées se déchirent
Pour justifier cette candidature dissidente soutenue par le Parti Socialiste et Place Publique, Laëtitia Rabih explique qu’elle veut renouveler la manière de faire de la politique. Elle pointe du doigt les méthodes du passé et un manque de concertation avec les habitants dans les prises de décisions. Sa liste se nomme « Vivre unis à Échirolles ».
Les écologistes avec La France Insoumise
Une troisième liste à gauche regroupe les écologistes et La France Insoumise derrière la candidature d’Antar Labiod soutenue également par Génération.s, le parti de l’ancien candidat socialiste à la présidentielle Benoit Hamon. Si on rajoute une liste de Lutte Ouvrière (Chantal Gomez), un parti qui fait toujours cavalier seul, on peut constater qu’à Echirolles, le Nouveau Front Populaire de 2024 n’est déjà plus qu’un lointain souvenir.
Le Rassemblement National seul à droite
Est-ce que cette division peut profiter à la droite ? Si c’est le cas, ce sera pour le Rassemblement National, seule liste en course positionnée sur cette partie de l’échiquier politique. Elle est menée par Enzo Billon, un jeune candidat de 21 ans, qui prône le « rassemblement ». Par rapport au score de son parti en 2020, il lui reste encore plus de la moitié du chemin à faire pour réunir 50% des Echirollois.
La bataille de la Métropole en toile de fond
Pour expliquer cette division à gauche, certains évoquent l’influence de Christophe Ferrari, l’actuel président de la Métropole. Pour tenter de sauver son siège, il a besoin d’avoir un maximum de conseillers communautaires dans son camp. Il sait qu’il ne pourra pas compter sur le soutien des écologiste et des communistes avec lesquels l’entente n’a pas toujours été cordiale ces dernières années. Il a donc oeuvré en coulisses pour voir émerger, dans certaines villes de l’agglomération, d’autres candidatures de gauche susceptibles de lui rapporter des soutiens au conseil métropolitain. Et avec huit sièges, Echirolles est la ville la mieux dotée, après Grenoble.
L’influence de Christophe Ferrari
Dans une interview au Dauphiné Libéré du 16 février Laëtitia Rabih explique que le président de la Métropole a orienté quelques candidatures vers sa liste. Comme celle de la socialiste Amel Zenati, conseillère municipale à Grenoble mais qui ne s’est pas vu proposer de place dans la liste de Laurence Ruffin. Peut-être à cause de sa proximité avec Christophe Ferrari… En tout cas, Laëtitia Rabih l’a accueillie dans son équipe avant qu’Amel Zenati ne décide finalement de la lâcher pour rejoindre la liste d’Amandine Demore. Le genre de transfert de dernière minute qui a le don de mettre le feu aux poudres.
Une ancienne candidate RN sur la liste socialiste
L’affrontement entre les anciens alliés est ainsi monté d’un cran ces derniers jours. Par voie de presse, Laëtitia Rabih accuse Amandine Demore de mentir et de tromper les électeurs sur le fait qu’il y aurait des membre du parti socialiste sur sa liste. En face, on réplique en dévoilant qu’une colistière de Laëtitia Rabih, Monique Xavier, était candidate en 2020 sur la liste du Rassemblement National. « La vie politique comme la vie personnelle peuvent connaître des évolutions. Ce qui compte, c’est la capacité à évoluer » a justifié Laëtitia Rabih dans un communiqué. « Ce qui définit une équipe, ce n’est pas le passé. » Alain Carignon appréciera le soutien indirect…