Les 15 et 22 mars, les Grenoblois sont appelés aux urnes pour élire leur prochain maire. Après deux mandats, Éric Piolle a décidé de ne pas se représenter. La succession est donc ouverte. Jusqu’au scrutin, on donne la parole aux candidats dans l’émission Le +. Aujourd’hui, focus sur Valentin Gabriac, candidat du Rassemblement National.
Âgé de 33 ans, Valentin Gabriac est attaché parlementaire d’un député isérois du Rassemblement National, Thierry Pérez. Originaire de Grenoble, il y a fait des études de commerce avant de travailler dans l’industrie, puis de s’engager pleinement en politique. Il habite aujourd’hui dans les quartiers sud de Grenoble et se présente pour la première fois à une élection.
Un frère au parcours sulfureux
Son grand frère, Alexandre Gabriac, a été le plus jeune conseiller régional de France en 2010, à l’âge de 19 ans. Elu en Isère sous les couleurs du Front National de l’époque, il a été exclu du parti un an après par Marine Lepen pour avoir fait des saluts nazis. Valentin Gabriac affirme n’avoir aucun lien politique avec son frère et que son engagement ne dépend pas de lui.
Une première candidature
Valentin Gabriac assume une entrée directe « dans le bain » de la politique locale avec cette campagne municipale. Il souligne son enracinement grenoblois et explique avoir voulu porter une offre politique absente lors du précédent scrutin, le RN n’ayant pas pu constituer de liste en 2020. Il insiste sur le caractère collectif de la démarche : la constitution de la liste a nécessité plusieurs mois de travail, entre appels aux adhérents, porte-à-porte, tractages et mobilisation de sympathisants.
Une liste de rassemblement à droite
La liste qu’il conduit compte 61 colistiers. Elle réunit des profils venus de différentes sensibilités de droite : anciens soutiens d’Alain Carignon, militants issus de Debout La France, des Patriotes ou encore d’Identité Liberté de Marion Maréchal. Valentin Gabriac présente cette équipe comme une liste « de rassemblement », sous étiquette RN et UDR, qu’il estime représentative d’une opposition élargie à la majorité municipale sortante.
Ses axes prioritaires
Le candidat structure son programme autour de cinq axes principaux :
- Sécurité : Il propose un renforcement important de la police municipale, avec des recrutements, un armement renforcé et la création d’un second poste de police municipale dans les quartiers sud. Il affirme vouloir « soutenir moralement et matériellement » les agents et faire de la sécurité une priorité budgétaire.
- Propreté : Il dénonce une ville qu’il juge dégradée et souhaite lutter contre les dépôts sauvages et les tags. Parmi ses propositions : création d’une brigade anti-tags, recours à la vidéoprotection pour identifier les auteurs, et mise en place de travaux d’intérêt général pour les personnes condamnées pour dégradations.
- Attractivité économique : Valentin Gabriac veut faciliter l’accès au centre-ville, notamment pour les automobilistes, et mettre fin à ce qu’il appelle « l’opposition stérile entre vélo et voiture ». Il défend un soutien accru aux commerces, un guichet unique à la mairie pour les nouvelles installations et une baisse de la pression fiscale locale après audit des finances municipal.
- Culture et sport : Il souhaite valoriser l’identité locale par la création d’une « fête du Dauphiné » en remplacement de la fête des Tuiles. Il entend également renforcer le soutien aux clubs professionnels grenoblois (football, rugby, hockey), qu’il considère comme des vecteurs de rayonnement pour la ville.
- Cadre de vie et patrimoine : Le candidat met en avant l’éclairage public, la rénovation des bâtiments et la mise en valeur des quais, ponts et monuments. Il évoque aussi des projets de reconstruction symbolique de monuments disparus comme la Tour Sainte-Marie d’en-Haut afin de redonner, selon lui, une identité patrimoniale forte à Grenoble.
Une stratégie ouverte pour le second tour
Crédité d’environ 8 % dans un sondage publié en janvier, Valentin Gabriac se dit confiant quant à une qualification au second tour. Il affirme être ouvert au dialogue avec les forces d’opposition à la majorité sortante, tout en se disant prêt à se maintenir seul en cas de refus d’alliance. Il conditionne toute discussion à des engagements programmatiques clairs, notamment sur la sécurité, la fiscalité et l’attractivité.
Objectif métropolitain
Au-delà du conseil municipal, Valentin Gabriac espère voir émerger pour la première fois un groupe RN au sein de la Métropole grenobloise, grâce à des listes alliées dans plusieurs communes de l’agglomération comme Echirolles ou Saint-Martin-d’Hères. Il revendique la volonté de peser sur les décisions métropolitaines et de s’opposer à ce qu’il qualifie de « dérives idéologiques » de la gauche.

👉 Le 1er tour des élections municipales aura lieu le dimanche 15 mars – à suivre en direct sur notre antenne à partir de 19h45
🎥 Interview complète de Valentin Gabriac à retrouver en replay