La succession d’Éric Piolle à la mairie de Grenoble s’annonce mouvementée. Alors que le processus de désignation de la future tête de liste écologiste pour les municipales de 2026 devait entrer dans sa dernière ligne droite, des tensions internes éclatent au grand jour.
Le maire auteur de certaines pressions ?
Dans un courrier daté du 2 septembre et adressé aux instances nationales du parti Les Écologistes, Lucille Lheureux, adjointe à la culture et candidate à la candidature, dénonce « des pressions » et des « comportements inappropriés » dont elle aurait été la cible. Elle évoque notamment des demandes insistantes pour qu’elle retire sa candidature, un entretien en mairie qu’elle juge intimidant, ainsi qu’un courrier manuscrit reçu dans des conditions qu’elle estime relever de la pression directe. Si elle ne cite pas explicitement Éric Piolle, elle désigne clairement « le maire » comme l’auteur de certaines de ces pressions.
Une candidature contestée
Lucille Lheureux, élue depuis 2014 aux côtés d’Éric Piolle fait partie du quatuor de candidats à l’investiture pour mener la liste de 2026, avec Margot Belair (adjointe à l’urbanisme), Nicolas Béron-Perez (conseiller municipal communiste) et Laurence Ruffin, une cheffe d’entreprise qui ne fait pas partie de l’équipe municipale mais qui a la préférence du maire. Le collectif doit départager ces candidats d’ici la fin septembre.
Mais Lucille Lheureux affirme que le processus de désignation est bloqué par certains membres du groupe, hostiles à une procédure claire et préférant « un mouvement naturel », autrement dit une candidature qui s’imposerait d’elle-même. Selon elle, ces « dysfonctionnements » empêchent aujourd’hui tout débat démocratique serein.
Des fuites organisées au sein des écologistes ?
Dans son courrier, Lucille Lheureux va plus loin : elle dénonce des pratiques « patriarcales, sexistes et classistes », et demande au niveau national du parti d’intervenir afin de garantir un processus « sain et démocratique ». Tout en réaffirmant sa volonté de rester candidate, elle demande une protection contre ces pratiques internes.
Ce n’est pas la première fois que des échanges internes aux écologistes sont envoyés à la presse. En avril dernier, un mail du député européen David Cormand demandant à Eric Piolle de retirer sa candidature comme porte-parole du parti avait beaucoup circulé. Ce proche de Marine Tondelier, reprochait au maire de Grenoble son implication dans l’affaire des 400 euros. Est-ce la même taupe qui a transmis le courrier de Lucile Lheureux aux médias ?
Un début de campagne chaotique à gauche
Cette affaire vient en tout cas fragiliser un peu plus la préparation de la campagne des écologistes grenoblois, déjà confrontés aux velléités de La France Insoumise de monter une liste autonome alors que d’autres collectifs de gauche sont déjà en ordre de bataille. A six mois de l’échéance, l’avenir politique de la capitale des Alpes est de plus en plus incertain.