Avec le retour des beaux jours et des températures en hausse, les conditions sont réunies pour la réapparition du moustique tigre. À l’approche du 1er mai, date de début de la période de surveillance, l’Agence régionale de santé (ARS) dresse un bilan 2025 préoccupant en Auvergne-Rhône-Alpes, deuxième région la plus touchée de France.
Températures douces, épisodes pluvieux et stagnation d’eau : le cocktail printanier est idéal pour le développement du moustique tigre. Dès le mois de mai, l’insecte reprend son cycle, avec une activité qui s’intensifie tout au long de l’été.
Implanté pour la première fois en 2012 dans la région, il est désormais présent dans les 12 départements d’Auvergne-Rhône-Alpes. En 2025, 1 328 communes sont colonisées, contre 1 192 l’année précédente. Résultat : près de 80 % des habitants sont aujourd’hui exposés.
Une région fortement touchée au niveau national
L’an dernier, Auvergne-Rhône-Alpes s’est hissée au 2e rang des régions françaises les plus touchées par les arboviroses, avec 15 % des cas recensés à l’échelle nationale.
Au total, 347 cas importés ont été enregistrés en 2025 :
- 177 cas de chikungunya
- 168 cas de dengue
- 2 cas de Zika
Une hausse de 25 % par rapport à 2024, liée notamment aux épidémies en cours dans plusieurs territoires ultramarins.
Plus préoccupant encore, les transmissions locales progressent. Des cas dits « autochtones », sans voyage préalable, ont été détectés :
- 6 foyers de chikungunya (51 cas + 2 isolés)
- 2 foyers de dengue (4 cas)
Six départements sont concernés, dont l’Isère particulièrement touchée. Ces situations confirment une installation durable du risque dans la région.
Une mobilisation sanitaire en nette hausse
Face à cette progression, les interventions de lutte antivectorielle se multiplient. En 2025 :
- 326 enquêtes de terrain ont été menées (contre 212 en 2024)
- 134 opérations de démoustication ont été réalisées (contre 72 l’année précédente !)
Objectif : limiter la propagation du moustique et éviter l’apparition de nouveaux foyers.
Les bons gestes pour limiter sa prolifération
Le moustique tigre se développe dans de très faibles volumes d’eau et reste dans un rayon d’environ 150 mètres autour de son lieu de ponte. La lutte passe donc avant tout par des actions simples à domicile.
L’ARS recommande trois réflexes essentiels : ranger tous les objets pouvant retenir l’eau, vider régulièrement les contenants, couvrir les réserves d’eau. Coupelles, arrosoirs, jouets, gouttières ou piscines non entretenues : chaque point d’eau stagnante doit être éliminé.
Vigilance renforcée pour les voyageurs
Les déplacements vers les zones tropicales augmentent le risque d’importation des virus. En cas de symptômes (fièvre, douleurs, éruption cutanée), il est recommandé de consulter rapidement en mentionnant son voyage.
Au retour, il est également crucial de continuer à se protéger des piqûres pendant 15 jours pour éviter toute transmission locale.
La période de surveillance débute le 1er mai et s’étendra jusqu’au 30 novembre. Dans un contexte de forte exposition régionale, la mobilisation collective reste la clé pour limiter l’impact du moustique tigre.