Mountain Wilderness et FNE Isère ont déposé plainte contre une activité de randonnées en motoneige jugée illégale à l’Alpe d’Huez. Elles dénoncent une pratique nuisible pour l’environnement et contraire à la réglementation.
Mountain Wilderness et FNE Isère passent à l’offensive. Les deux associations ont annoncé avoir déposé plainte le 9 avril auprès du parquet de Grenoble contre une société proposant des randonnées en motoneige à l’Alpe d’Huez. Selon leur communiqué, ces sorties sont organisées « sur un itinéraire situé en dehors d’un terrain autorisé », en contradiction avec la législation en vigueur. Néanmoins, sur son site internet, le prestataire affirme pourtant proposer un « parcours exclusivement dédié et aménagé à la pratique de la motoneige » et des « randonnées au départ du front de neige du rond-point des pistes ».
Une activité jugée dangereuse et nuisible
Dans leur communiqué, les associations dénoncent une pratique « dangereuse et préjudiciable pour l’environnement ». Elles pointent notamment les conséquences sur la faune sauvage, particulièrement vulnérable en hiver. « Cette activité de loisir pratiquée en dehors d’un terrain aménagé a pour effet d’augmenter la fréquentation des espaces naturels » et de perturber « la quiétude pourtant nécessaire au bon accomplissement du cycle biologique des espèces », écrivent-elles. La pratique nocturne est également pointée du doigt :« Pratiquée la nuit, cette activité compromet inéluctablement la tranquillité indispensable à la biodiversité. » Au-delà de la faune, les associations évoquent aussi « des pollutions sonores, lumineuses et de l’air », ainsi que des risques pour les autres usagers de la montagne.
Une réglementation très stricte
Les associations rappellent que la loi interdit strictement l’usage des motoneiges à des fins de loisirs en dehors de terrains spécifiquement aménagés. « Tous les actes administratifs autorisant la randonnée de motoneiges sur le domaine skiable ou des circuits sont parfaitement illégaux », insistent-elles, en s’appuyant notamment sur une jurisprudence du Conseil d’État. Elles soulignent également que même des itinéraires balisés ne peuvent être considérés comme des terrains autorisés.
Le précédent de Chamrousse en toile de fond
Cette nouvelle action judiciaire s’inscrit dans la continuité d’un long combat mené en Isère, notamment à Chamrousse. En 2023, la cour d’appel de Grenoble avait condamné une société pour des faits similaires, avant que la Cour de cassation ne mette un terme définitif à la procédure en novembre 2024. La justice avait alors confirmé l’illégalité des randonnées en motoneige sur le domaine skiable, avec à la clé confiscation des engins et sanctions financières. « Après plus de vingt ans de procédure », les associations saluent une décision qui a permis de « faire cesser ces pratiques » à Chamrousse et espèrent désormais un effet similaire ailleurs. A l’Alpe d’Huez, elles demandent « l’application stricte de la loi » et ont lancé une pétition pour mettre fin aux pratiques motorisées illégales en montagne. Les motoneiges saisies par la justice en 2024 avaient été quelques mois plus tard remises au PGHM de l’Isère.
🎥 Retrouvez ici le reportage.