L’émotion reste vive après la mort de la jeune Lyhanna. La colère aussi. Ce lundi soir, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées devant le palais de justice de Grenoble pour dénoncer les défaillances du système judiciaire dans le traitement des violences sexuelles commises sur des mineurs.
L’appel à la mobilisation avait été lancé sur les réseaux sociaux et relayé localement par le Collectif Enfantiste 38. Comme dans de nombreuses villes françaises, des citoyens, associations et collectifs se sont retrouvés devant le siège de la justice grenobloise afin d’exprimer leur colère et leur inquiétude face au fonctionnement du système de protection de l’enfance.
Au cœur du rassemblement, plusieurs slogans dénonçant les manquements institutionnels étaient affichés par les participants. Parmi eux, « La justice tue » résumait le sentiment d’une partie des manifestants, qui réclament une meilleure prise en charge des signalements et des plaintes concernant les violences sexuelles sur mineurs.

La mort de Lyhanna servira-t-elle au moins d’électrochoc ? Au-delà de l’hommage rendu à la collégienne, les organisateurs espèrent une prise de conscience nationale. Associations, collectifs et personnalités publiques multiplient depuis plusieurs jours les interventions pour alerter sur ce qu’ils considèrent comme des failles persistantes dans la protection des enfants victimes de violences.
Ce matin, lors d’une réunion avec les procureurs généraux, le garde des sceaux, Gérald Darmanin, a rappelé que les juridictions avaient jusqu’au 14 juillet pour dresser un état des lieux des quelque 70 000 plaintes pour viols et agressions sexuelles sur mineurs actuellement en cours de traitement en France. Soit plus de 2300 dossiers à passer en revue chaque jour… Une mission impossible ? Le Procureur général de Grenoble sera l’invité de l’émission Le + ce jeudi pour nous donner son avis.
