Enseignants, parents d’élèves et personnels éducatifs se sont rassemblés ce mardi 5 mai à Grenoble pour dénoncer suppressions de postes et fermetures de classes. Une mobilisation qui s’inscrit dans un mouvement national, sur fond de fortes inquiétudes pour la rentrée 2026.
Dès la fin de matinée, ils étaient réunis en assemblée générale avant de battre le pavé dans les rues de Grenoble. Deux centaines de manifestants ont rejoint le cortège en direction du Rectorat, point d’arrivée de la mobilisation peu avant 16 heures. Dans une ambiance déterminée, enseignants et parents ont affiché un message clair : défendre un service public d’éducation qu’ils jugent aujourd’hui fragilisé.
Des fermetures de classes au cœur de la colère
Dans le cortège, la question des fermetures de classes revenait sur toutes les lèvres. En Isère, 103 classes doivent fermer pour seulement 16 ouvertures, selon les organisations syndicales. À Grenoble, 16 écoles sont directement menacées. Des parents d’élèves, venus en nombre, disent craindre une dégradation rapide des conditions d’apprentissage. Plusieurs pancartes dénonçaient des classes « déjà pleines » ou « surchargées », notamment dans les quartiers prioritaires. Pour beaucoup, ces fermetures risquent d’aggraver des inégalités scolaires déjà bien installées.

Moins de moyens humains dans les établissements
Autre revendication forte : la suppression de postes dans le second degré. 68 postes doivent disparaître en Isère, avec des conséquences concrètes pointées par les manifestants : hausse des effectifs par classe, réduction de certaines options et pression accrue sur les équipes. Plusieurs participants évoquent par ailleurs des absences non remplacées pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois, perturbant fortement la continuité pédagogique.
Devant le rectorat, certains enseignants dénonçaient une « gestion à flux tendu » qui ne permet plus d’assurer correctement les missions du service public.

AESH : « sans eux, l’école inclusive ne tient pas »
Parmi les préoccupations les plus urgentes, la situation des accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) : les manifestants alertent sur un manque chronique de personnel et des conditions d’emploi jugées précaires. Dans un contexte de classes plus chargées, beaucoup estiment que l’inclusion scolaire devient de plus en plus difficile à garantir et ne manquaient pas de l’inscrire en toutes lettres sur les quelques cercueils dressés devant le Rectorat. Les revendications portent notamment sur une revalorisation des salaires et un statut plus stable.

Un mouvement qui devrait se poursuivre
Si certaines mobilisations locales ont déjà permis d’éviter des fermetures, les participants jugent les annonces actuelles largement insuffisantes. Soutenus par une intersyndicale large et des collectifs de parents, ils appellent à poursuivre les actions dans les prochaines semaines. L’objectif : obtenir un moratoire sur les suppressions de postes et des moyens supplémentaires pour l’école publique.
Plus tôt, une mobilisation devant l’école Anatole France
Dans ce contexte, des mobilisations locales continuent de se structurer. À l’école Anatole France, dans le quartier Mistral / Lys-Rouges, des parents d’élèves dénoncent une nouvelle fermeture de classe annoncée, après une première suppression en 2023, alors même que l’établissement doit être prochainement transformé en école primaire complète. Ils pointent une décision « incompréhensible » dans un secteur déjà fragilisé, où les conditions d’apprentissage se dégradent. Les familles alertent notamment sur des classes plus chargées, un suivi individualisé réduit et un manque persistant d’accompagnants pour les élèves en situation de handicap. Elles appellent à une mobilisation pour défendre « une école à la hauteur des besoins des enfants du quartier ».