L’ancien maire socialiste de Grenoble figure au comité politique de La Convention, le mouvement de Bernard Cazeneuve, qui a confirmé mardi 19 mai sur France Inter sa volonté d’être candidat à la présidentielle de 2027. Une fidélité qui remonte à la naissance du parti.
Il était là dès le début. Michel Destot, ancien maire socialiste de Grenoble pendant près de vingt ans, figure en bonne place dans le comité politique que Bernard Cazeneuve vient de dévoiler autour de sa candidature présidentielle, reprise par le journal L’Opinion. Le socialiste, président du cercle de réflexion Inventer à Gauche, l’ancien député de l’Isère fait partie d’un casting composite réunissant le patron du PRG Guillaume Lacroix, l’ancien socialiste reconverti en ministre macroniste François Rebsamen, l’économiste Marie-Annick Barthe, ou encore l’ancienne macroniste Cécile Rilhac, porte-parole d’En Commun ! .

L’ami fidèle toujours présent
On se souvient que Michel Destot, dont les apparitions publiques sont devenues rares, avait accueilli Bernard Cazeneuve à Grenoble le vendredi 7 février 2025, à l’auditorium de Minatec. L’ancien Premier ministre avait fait une halte en Isère — longtemps terre rose — lors de son tour de France politique. Ce soir-là, Destot avait dit sa joie de recevoir son ami et exprimé le souhait qu’"un grand projet soit mené pour préparer 2027" avec un candidat social-démocrate. "Social et démocratie, deux mots qui vont si bien ensemble", avait-il lancé, en clin d’œil appuyé à l’orateur du soir. Avant de prendre la parole, Cazeneuve avait tenu à remercier publiquement son "ami", "l’un des premiers à le suivre et à le soutenir" lors de la fondation de La Convention. Une façon de rappeler que la fidélité en amitié, même en politique, peut exister.
Cazeneuve passe à la vitesse supérieure
Trois ans après le lancement de La Convention, Bernard Cazeneuve a décidé de structurer son écurie présidentielle. Mardi 19 mai sur France Inter, il a levé tout doute sur ses intentions : "Ma détermination à être dans le débat est totale et ma volonté d’être candidat est pleine et entière", a-t-il déclaré, tout en précisant qu’on "n’est pas candidat pour soi-même". Se définissant comme "un républicain de gauche, un social-démocrate", il a justifié sa candidature par "un contexte international extrêmement grave" et le risque d’un second tour entre LFI et le Rassemblement national. Un programme sera rendu public "dans quelques semaines".
Une coalition de gauche en ordre de marche
Au-delà du comité politique, le mouvement revendique une force de frappe parlementaire de 10 députés et 8 sénateurs, un comité de 38 maires en exercice, et une présidence régionale assurée par Loïg Chesnais-Girard, président du Conseil régional de Bretagne. La Convention s’est également dotée de huit porte-parole nationaux, dont l’ancienne macroniste Stella Dupont, l’ex-socialiste David Habib et Harold Huwart, ex-député Liot redevenu maire de Nogent-le-Rotrou.
De quoi faire trembler Raphaël Glucksmann ou François Hollande, dans l’écurie d’en face ? La question reste ouverte. Mais pour Cazeneuve, le compte à rebours vers 2027 est officiellement lancé, aux côtés de l’ancien maire de Grenoble. De quoi se demander, avec un peu d’ironie, s’il existe un lien spécial entre la capitale des Alpes et la volonté de diriger le pays ? En 2022 c’était le maire de Grenoble Eric Piolle qui visait l’Elysée, mais il avait été éliminé à la primaire des écologistes. Et en 2027 un autre candidat à la candidature portera le même nom que la maire de Grenoble actuelle, François, frère de Laurence Ruffin.