Une semaine après la mort de Quentin Deranque, étudiant de 23 ans tué lors d’affrontements violents à Lyon, l’enquête judiciaire met en lumière des liens avec l’Isère. Deux des interpellations réalisées ce mardi ont en effet eu lieu dans une commune du département.

Les faits se sont produits le 12 février à Lyon, en marge d’une conférence de l’eurodéputée insoumise Rima Hassan. Des militants d’ultra-gauche et d’ultra-droite se sont affrontés dans une rixe particulièrement violente. Quentin Deranque, étudiant originaire de Saint-Cyr-sur-le-Rhône, dans l’agglomération de Vienne en Isère, a succombé à ses blessures. Dès les premiers jours, le parquet de Lyon a évoqué plusieurs témoignages significatifs, appuyés par l’exploitation de vidéos et de données téléphoniques, permettant d’identifier plusieurs suspects. Mardi 17 février, la Division de la criminalité territoriale de Lyon, avec l’appui de la BRI, a procédé à une série d’arrestations. Au total, onze personnes ont été interpellées, dont deux en Isère.

Deux interpellations en Isère

À Seyssuel, les policiers ont interpellé Jacques-Élie Favrot, 24 ans, attaché parlementaire du député LFI Raphaël Arnault, ainsi qu’un autre homme du même âge, présenté comme fiché S selon plusieurs médias nationaux. Jacques-Élie Favrot est décrit comme un ancien membre actif de la Jeune Garde, groupuscule antifasciste dissous en juillet dernier. Selon son avocat, il reconnaît avoir participé à des violences, mais conteste toute implication directe dans le meurtre. Dans le village isérois, situé à seulement quelques kilomètres de celui de la victime, l’interpellation est passée inaperçue auprès de la population.

Des qualifications criminelles lourdes

Sur les onze personnes interpellées, sept sont actuellement placées en garde à vue pour homicide volontaire, violences aggravées et association de malfaiteurs. Les quatre autres le sont pour avoir mis à disposition des moyens destinés à soustraire certains suspects aux recherches. L’enquête vise désormais à déterminer précisément le rôle de chacun dans la mort du jeune homme. Cette semaine, la députée de la circonscription de Vienne, Hanane Mansouri (UDR), est intervenue à l’Assemblée Nationale pour rappeler qu’elle avait elle-même été victime d’une agression par des militants d’extrême gauche dans les rues de Grenoble il y a quelques années : « J’ai vu cette haine, connu cet effroi. Et j’ai la chance inouïe d’être devant vous aujourd’hui pour en parler. Quentin, lui, n’a pas eu cette chance. Ce meurtre est un deuil pour ma chère ville de Vienne, il est un deuil pour sa famille et pour ses proches. Il exige de la décence. » Pas sûr que ce soit ce qualificatif qui guide, en ce moment, les interventions des politiques sur cette affaire…

👉 Une marche en hommage à Quentin est prévue ce samedi à Lyon. Le maire, Grégory Doucet, demande son interdiction invoquant un risque élevé de troubles à l’ordre public.

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