C’est une affaire aussi tragique qu’absurde qui a bouleversé Voiron. Le 28 octobre dernier, Raymonde Alex, 81 ans, a été retrouvée morte dans son appartement du 36 de la rue Sermorens (photo). L’enquête, menée par la police judiciaire de Grenoble, a rapidement permis d’identifier un suspect : Christophe Grançon, 48 ans, compagnon de la meilleure amie de la victime.
L’homme a reconnu avoir tué l’octogénaire pour lui dérober sa carte bancaire, expliquant qu’il avait besoin d’argent mais « n’avait pas osé lui en demander ».
Un meurtre pour quelques centaines d’euros
Lors d’une conférence de presse donnée ce vendredi 7 novembre, le procureur de la République de Grenoble, Étienne Manteaux, a détaillé les circonstances du drame aux côtés du commissaire divisionnaire Romain Rousseau. Selon les premiers éléments de l’enquête, Raymonde Alex aurait reçu onze coups de couteau, dont quatre mortels, pour un butin dérisoire estimé à environ 350 euros. Le suspect, sans emploi et sans domicile fixe, aurait agi seul, sans préméditation apparente.
Une rencontre ordinaire qui vire au drame
Le meurtrier présumé avait été présenté à la victime quelques mois plus tôt par sa compagne, amie proche de Raymonde Alex depuis plus de quinze ans. Ce mardi 28 octobre au matin, cette dernière, inquiète de ne pas avoir de nouvelles, s’est rendue au domicile de son amie et a découvert une scène d’horreur. Les enquêteurs n’ont relevé aucune trace d’effraction. Seuls manquaient la carte bancaire, le chéquier, le téléphone portable et le trousseau de clés de la victime.
Une enquête brouillée par de fausses pistes
Les premiers jours d’investigation ont été compliqués par deux témoignages erronés et une mauvaise datation de la mort. Deux voisines, persuadées d’avoir aperçu Raymonde Alex le lundi 27 octobre, avaient involontairement égaré les enquêteurs.
Mais les analyses téléphoniques et les images de vidéosurveillance ont permis de reconstituer le véritable déroulé des faits : le téléphone de la victime cessait d’émettre dès le samedi, et sa carte bleue était utilisée dès le lendemain pour payer des achats et des réservations de train. Les caméras ont alors identifié l’utilisateur : Christophe Grançon.
Un profil manipulateur
L’homme, déjà connu de la justice, avait rencontré la meilleure amie de la victime sur un site de rencontres en avril dernier. Selon le procureur, la compagne du suspect est totalement mise hors de cause : elle aurait elle-même été victime de vol et de mensonges de la part de Grançon, qui lui avait fait croire qu’il travaillait comme ambulancier alors qu’il était sans emploi depuis des mois.
« Un geste non prémédité », selon le suspect
Placée en garde à vue le jeudi 6 novembre, le suspect a rapidement avoué les faits. Il a expliqué s’être rendu à Voiron le dimanche 26 octobre, jour de l’anniversaire de sa compagne, dans l’idée d’organiser un repas, mais sans argent. Il se serait alors rendu chez Raymonde Alex, qui l’a accueilli et lui a offert un café. Avant de partir, il l’aurait poignardée avec le couteau qu’il portait sur lui, puis aurait lavé l’arme dans l’évier avant de s’enfuir avec ses effets personnels. L’ADN de Grançon a été retrouvé sur le robinet.
Mis en examen pour homicide volontaire
Présenté ce vendredi 7 novembre à un juge d’instruction, Christophe Grançon a été mis en examen pour “vol” et “homicide volontaire sur personne vulnérable”. Le procureur Manteaux a rappelé la personnalité de la victime, affectueusement surnommée “Galinette” par ses proches : « C’était une femme d’une extrême gentillesse, mesurant 1,46 mètre pour 33 kilos. Elle ne représentait aucun danger pour personne. »