Entre deux concerts d’Iron Maiden ou de Sepultura, les festivaliers passent du pogo au tapis de yoga ! Aux commandes de cette parenthèse inattendue : Elsa *Sunita* Rossetto, professeure grenobloise et créatrice du metal-yoga. Parce qu’on peut parfaitement lever les cornes… et baisser le rythme.

D’un côté, les riffs saturés, les cheveux qui volent et les murs d’enceintes. De l’autre, la respiration, l’ancrage et le calme intérieur. Au Hellfest, les décibels règnent en maître ! Pendant quatre jours à Clisson en Pays de Loire, capitale européenne du Metal, les festivaliers enchaînent concerts, kilomètres de marche, nuits écourtées et séances intensives de headbang. Forcément, les nuques, les dos et les jambes, quittent le festival dans un état presque aussi extrême que les amplis. C’est là qu’Elsa entre en scène Elsa…

Métalleuse revendiquée depuis l’adolescence, la jeune Grenobloise y pose son tapis pour ouvrir une parenthèse de reconnexion… sur fond de Métal ! Le fameux « metal-yoga » anti-douleurs, c’est une pratique qu’elle a elle-même créée en réunissant ses deux univers de prédilection. Une alliance qui peut sembler improbable. Pourtant, sur place, elle fait un malheur…

Elsa Rossetto devant la statue géante d'un crâne de métal au Hellfest

Au Hellfest, une bulle de douceur au cœur de la tempête

A quelques pas des guitares saturées, des festivaliers aux tee-shirts noirs et aux bras tatoués ferment les yeux, respirent profondément et étirent leurs cervicales. Des femmes, des hommes, des jeunes, des seniors, dans une communion de reconnexion totale à soi… L’image prête à sourire. L’effet, lui, est très sérieux.

« Les gens arrivent souvent avec des douleurs partout. Ils repartent détendus, parfois bluffés », raconte Elsa. Ses séances s’appuient sur des musiques plus lentes et immersives, comme le doom ou le sludge, des styles capables de créer cette atmosphère introspective que recherche aussi le yoga. Pendant une heure, le Hellfest s’offre une respiration.

Elsa Rossetto en train d'enseigner un cours de yoga metal au hellfest avec un nombreux public

« Le yoga, ce n’est pas que pour certains profils »

L’une des plus grandes satisfactions d’Elsa est ailleurs. Depuis des années, elle voit arriver sur ses tapis des personnes qui n’auraient jamais imaginé pousser la porte d’un cours de yoga. Parce que le Metal crée un terrain familier. Parce qu’il fait tomber les barrières. Et parce qu’il rappelle une évidence : derrière les étiquettes, on trouve des humains qui ont besoin de récupérer, de souffler et de prendre soin d’eux. « Le yoga souffre encore parfois d’une image élitiste. Au Hellfest, les gens viennent sans se poser de questions. Ils essaient. Et ils découvrent que c’est pour eux aussi. »

Parmi les participants, certains vivent même leur toute première expérience de yoga. Souvent avec surprise. À l’image de ce musicien rencontré après une séance, arrivé le dos bloqué. « Je me demande comment je peux bouger normalement ! Et comment le sol dur peut sembler aussi confortable… » La magie opère pour celle qui a découvert le yoga à l’âge de 20 ans, à la suite d’un grave accident de snowboard… « Je n’ai pas pu marcher pendant 6 mois. Le yoga a véritablement changé ma vie…« 

Elsa Rossetto en position de yoga, avec ses tatouages apparents sur le bras

De Grenoble au temple du Metal

Alors quand elle n’enseigne pas au Hellfest, Elsa retrouve son école de yoga « Unikaya », rue Parmentier à Grenoble. C’est là qu’elle propose notamment un rendez-vous devenu unique en son genre : un cours hebdomadaire de metal-yoga, chaque lundi, où résonnent les sons d’Amenra ou de Cult of Luna pendant les exercices de respiration et de mobilité.

Une idée qui attire aussi bien des passionnés de Metal que des curieux venus découvrir une pratique différente. Car Elsa insiste, le yoga n’appartient à personne. Ni aux yogis en quête de sérénité. Ni aux métalleux en quête de décibels. Et si les deux mondes se retrouvent aujourd’hui au Hellfest, c’est sûrement parce qu’ils partagent la même recherche : vivre les choses avec intensité !

🎥 Retrouvez toutes les confidences d’Elsa *Sunita* Rossetto avant son départ au Hellfest, sur le plateau de TG+