Il y a tout juste dix ans, les attentats du 13 novembre terrifiaient la France en faisant 130 morts. Parmi eux, un Isérois, Matthieu Giroud, enfant de Jarrie dans l’agglomération grenobloise.
Un homme national ce jeudi
Comme beaucoup d’autres, ses proches seront à Paris ce jeudi pour l’inauguration d’un jardin mémoriel et l’hommage national rendu aux victimes des attentats du 13 novembre. Dix ans après cette nuit d’horreur durant laquelle neuf terroristes répartis en plusieurs groupes vont tirer au hasard sur des terrasses de restaurants et dans la salle de spectacle du Bataclan. 130 morts, plus de 400 blessés recensés et une France traumatisée par le pire attentat perpétré sur son territoire depuis la deuxième guerre mondiale.
Une enfance heureuse à Jarrie
Ce soir là Matthieu Giroud était au concert du groupe“Eagles of Death Metal”au Bataclan. Ce géographe de 38 ans, père d’un petit garçon de 3 ans était originaire de l’Isère. Maitre de conférence dans une université parisienne, il avait grandi à Jarrie dans l’agglomération grenobloise où il avait découvert le foot à cinq ans et la guitare basse à l’adolescence.“Sur le terrain, il était numéro 10, celui qui garde son calme, organise le jeu et passe la balle à terre. Ça lui allait bien de distribuer, c’était dans son caractère”, écrit un de ses amis dans une tribune quelques jours après le drame.
Dans la confusion, on leur annonce que leur fils est vivant
Le soir du drame, les parents de Mathieu ont suivi depuis leur domicile isérois, l’évolution de la situation à la télévision. Ils avaient été prévenus par sa compagne que leur fils était au Bataclan. Une nuit d’angoisse qui va prendre une tournure encore plus horrible quand le lendemain de l’attentat, une policière leur annonce que Mathieu est en vie. Les autorités rassure la famille : il n’est pas sur la liste des victimes, ni sur celle des blessés. Sauf que Mathieu ne donne pas signe de vie. Son téléphone portable sonne dans le vide.
La terrible nouvelle tombe 24 heures plus tard
Le ministère de l’Intérieur explique que Matthieu Giroud aurait été pris en charge par une cellule psychologique. Ils sont des centaines comme lui a avoir été témoin de cette barbarie.“On nous a dit, qu’ils pouvaient retenir longuement les témoins pour les interroger”se rappelle son père. Malheureusement, après avoir oscillé pendant plus de 24 heures entre espoir et angoisse, la famille apprend la terrible nouvelle : Matthieu Giroud a été tué d’une balle de Kalashnikov dans la tête dans la salle de concert du Bataclan.
“Je comprends désormais le mot attentat”
“C’est complètement irréel, horrible. Je comprends désormais le mot attentat. C’est si différent quand ça ne te touche pas toi ! Aujourd’hui c’est nous, c’est réel, ce ne sont plus des images à la télé. C’est indescriptible. Tout se mélange et pourtant, là c’est mon fils dont il est question”témoigne François Giroud à l’époque. Ce correspondant de presse au Dauphiné Libéré, investi dans la sauvegarde du château de Bon Repos à Jarrie et responsable de la section théâtre de la commune est anéanti. Il aura néanmoins la force de témoigner au procès face notamment à Salah Abdeslam, le seul terroriste capturé vivant.
Sa compagne témoigne dans un livre
Dix ans après, sa compagne Aurélie Silvestre qui a accouché d’une petite fille quelques mois après la disparition de Matthieu, signe un livre,“Déplier le cœur”dans lequel elle revient sur les dix mois de ce procès qui s’est tenu entre septembre 2021 et fin mai 2022. Un procès qu’Aurélie ne voulait pas vivre, et qu’elle aura finalement suivi dans son intégralité pour essayer de comprendre les raisons de cette tragédie inconcevable. Quant à ses parents qui conservent la photo de leur fils sur le piano dans la salle de séjour,“on n’a pas l’impression que ces 10 ans ont existé”.
👉 Jeudi 13 novembre, la mairie de Jarrie invite tous ceux qui ont connu Matthieu Giroud, à venir déposer une fleur, une bougie, un message ou un objet autour d’une stèle en sa mémoire à côté du monument aux morts de al commune.