D’un côté un rassemblement pour dire stop aux pillages, soutenu par le parti Reconquête. De l’autre, une contre-manifestation « antifasciste » au même moment, à 200 mètres de distance. Les ingrédients sont réunis pour une première confrontation explosive ce vendredi soir à Grenoble.

« Stop à ceux qui s’en prennent à nos commerces, à nos habitants, à nos édifices et à notre patrimoine« . Le mort d’ordre lancé par le collectif La France résiste pour un rassemblement citoyen ce vendredi à 18 heures devant le Palais de justice de Grenoble pouvait apparaître comme fédérateur.

Beaucoup d’habitants ont été choqués par les scènes de violence du week-end dernier. On peut imaginer qu’un certains d’entre-eux ont envie d’apporter leur soutien aux commerçants et aux forces de l’ordre qui ont été en première ligne.

Le parti Reconquête en première ligne

Mais en cette période de tensions et de clivages exacerbés, aucun appel à manifester n’est anodin. Le parti reconquête d’Eric Zemmour ayant annoncé jeudi qu’il soutenait pleinement l’initiative et qu’il y participerait, les réactions n’ont pas tardé.

A l’appel d’une quinzaine d’organisations dont La France Insoumise, un rassemblement « antifasciste contre la récupération par l’extrême droite » est annoncé au même moment, place de la gare à Grenoble, soit à 200 mètres à vol d’oiseau du Palais de justice.

communiqué parti reconquête

Les deux camps à moins de 200 mètres

Il n’y a évidemment pas de hasard dans le choix du lieu et de l’heure. L’idée est d’être au plus près de l’autre rassemblement. Pour pouvoir aller plus facilement à la confrontation ? C’est évidemment un risque que les autorités ne vont pas négliger.

La préfète rappelait, mercredi soir lors d’une conférence de presse, que la complexité du maintien de l’ordre, en ce moment, était liée au nombre d’appels à manifester plus ou moins fondés qui circulaient sur les réseaux sociaux, la police étant obligée de tous les prendre en considération même si certains se révélaient des fausses pistes.

affiche manif antifa

Des conséquences pour samedi ?

Ce vendredi soir, il n’y aura pas de fausse piste. Les deux rassemblements sont bien déclarés et dans le contexte actuel, après l’épisode de la réunion révolutionnaire, les débordements sont évidemment redoutés. Le dispositif policier devrait donc être conséquent.

En cas d’incidents graves, le préfète de l’Isère n’a pas caché que cela pourrait remettre en cause l’autorisation donnée aux autres manifestations prévues le lendemain.

Les étudiants puis les Gilets jaunes

La première sera une manifestation lycéenne et étudiante organisée par les syndicats Unef et Solidaires. Elle doit commencer en fin de matinée devant le lycée Emmanuel-Mounier, à Grenoble.

Les Gilets jaunes ont, eux, donné rendez-vous à 14 heures devant la gare. Le centre-ville étant interdit aux manifestants par arrêté préfectoral, le cortège défilera sur le cours Jean-Jaurès et le boulevard Foch pour rejoindre l’anneau de vitesse, dans le parc Paul-Mistral, un secteur où les commerces sont moins nombreux.

manifestation 17 octobre

Quid de la mobilisation ?

Les deux cortèges devraient fusionner, comme samedi dernier, pour créer un effet de masse. Y-aura-t-il plus de monde ou moins de monde que les 13 000 personnes recensées officiellement par les autorités le 17 octobre ?

Certains manifestants hésiteront peut-être à retourner dans la rue après les incidents de la semaine dernière. Les vacances scolaires, l’absence de tram et la météo annoncée pluvieuse pourraient aussi influer sur les effectifs.

La préfecture de l’Isère s’attend néanmoins à devoir gérer des milliers de personnes. Elle a demandé à l’Etat des renforts pour ne pas se retrouver à nouveau débordée. Mais elle n’est pas la seule, en France, à faire cette demande…