Pour le troisième samedi consécutif, Grenoble a vécu ce 31 octobre au rythme de la contestation sociale. Une fois encore, des milliers de personnes (7300 selon la police) ont participé à la manifestation qui a été émaillée de heurts avec la police.
À l’appel des Gilets jaunes et de plusieurs organisations syndicales, un nouveau défilé était organisé ce samedi après-midi, avec un départ fixé à 14 heures devant la gare.
Comme la semaine dernière, le parcours autorisé évitait l’hypercentre, empruntant notamment le cours Jean-Jaurès et les grands boulevards pour rejoindre l’anneau de vitesse du parc Paul-Mistral.
Comme la semaine dernière l’ambiance au sein du cortège était joyeuse et colorée avec quelques masques et maquillages supplémentaires, Halloween oblige.

Comme la semaine dernière, les revendications portaient sur davantage de pouvoir d’achat, des moyens supplémentaires pour l’éducation et les services publics, et une réponse plus forte du gouvernement aux difficultés sociales.
Comme la semaine dernière, les forces de l’ordre étaient mobilisées en nombre pour empêcher les manifestants de pénétrer dans la zone protégée du centre-ville.

Comme la semaine dernière, quelques vitrines ont malheureusement souffert, malgré la réprobation des manifestants, au passage des « black blocs » dont le nombre était en baisse (200 au lieu de 400 selon la préfecture de l’Isère).
Comme la semaine dernière, les premiers incidents ont éclaté au niveau de la place Gustave-Rivet avec des jets de projectiles contre les policiers qui ont riposté en lançant des grenades lacrymogènes.
Comme la semaine dernière la manifestation s’est retrouvée coupée en deux par ces incidents et de nombreuses personnes se sont réfugiées dans les rues adjacentes renforçant l’impression de chaos.
Comme la semaine dernière, les incidents se sont poursuivis sur le boulevard Clémenceau puis dans le parc Paul-Mistral, terminus du défilé, où la dissolution de la manifestation s’est déroulée dans la confusion.

Comme la semaine dernière, une Assemblée Générale aura lieu ce dimanche à 15 heures sous le préau derrière le Palais des sports de Grenoble pour décider de la suite du mouvement.
Et comme la semaine dernière, on ne voit pas ce qui pourrait inciter les manifestants à ne pas revenir la semaine prochaine…
Avant de conclure ce compte rendu anaphorique, il y a quand même une chose qui a changé par rapport à la semaine dernière, c’est qu’on a pu illustrer cet article avec les photos du talentueux Bruno Lavit. Et croyez-moi, vous n’avez pas perdu au change !


