Face à la hausse des comportements dangereux sur les routes iséroises, la préfecture de l’Isère renforce le barème des suspensions administratives du permis de conduire. À compter du 1er février 2026, les sanctions seront plus sévères en cas d’alcool, de stupéfiants, de vitesse excessive ou d’usage du téléphone au volant, notamment en situation de récidive ou de cumul d’infractions.
Le constat est sans appel. En 2025, 41 personnes ont perdu la vie sur les routes de l’Isère. Selon les chiffres communiqués par la préfecture, près de la moitié des accidents mortels sont liés à l’alcool ou aux stupéfiants, une proportion qui grimpe à 65 à 70 % lorsque la vitesse excessive est également prise en compte. Face à cette réalité, la préfète de l’Isère Catherine Séguin a annoncé une mise à jour du barème des suspensions administratives du permis de conduire, en vigueur dès le 1er février à minuit. Cette réforme vise à renforcer la dissuasion et à mieux protéger l’ensemble des usagers de la route.
Un barème aligné avec les sanctions judiciaires
Ce nouveau barème s’inscrit dans une volonté d’harmonisation avec le volet judiciaire, en lien avec la loi du 9 juillet 2025, qui a notamment créé le délit d’homicide routier et celui de très grand excès de vitesse. « Il s’agit d’un maillage étroit entre l’administratif et le judiciaire pour une répression plus efficace », résume le procureur de la République de Grenoble, Étienne Manteaux. Les services de l’État et l’autorité judiciaire ont travaillé conjointement afin d’assurer une cohérence des sanctions.
Alcool, stupéfiants, vitesse : des suspensions plus longues
À partir du 1er février 2026, plusieurs infractions feront l’objet de suspensions administratives allongées, passant de 6 à 9 mois : Alcoolémie excessive, état d’ivresse manifeste, usage de stupéfiants , dépassement de plus de 50 km/h de la vitesse autorisée. En cas de consommation d’alcool et de stupéfiants, la mise en fourrière du véhicule devient systématique.
Téléphone au volant : tolérance zéro en cas de cumul
L’usage du téléphone au volant, lorsqu’il est associé à une autre infraction, sera également plus sévèrement sanctionné. La durée de suspension passera désormais de 2 à 4 mois, quelle que soit l’infraction associée, contre une fourchette plus large auparavant. Le nouveau barème précise par ailleurs les infractions connexes pouvant être considérées comme des circonstances aggravantes, entraînant un allongement de la suspension.
Jeunes conducteurs et récidivistes particulièrement ciblés
Les conducteurs titulaires d’un permis probatoire verront les durées de suspension globalement augmentées, afin de renforcer la prévention auprès des jeunes automobilistes. La récidive est également clairement identifiée comme un facteur aggravant, avec des sanctions plus lourdes à la clé. Chaque année, ce sont plus de 4 000 conducteurs isérois qui font l’objet d’une suspension administrative de permis.
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