Après une année de test, le lycée privé Jeanne d’Arc au Péage-de-Roussillon (Nord-Isère) met fin à l’expérimentation du port de l’uniforme. Confort jugé insuffisant, manque de dotation et stigmatisation d’élèves en dehors de l’établissement ont conduit la direction à arrêter le projet plus tôt que prévu.
Une rentrée sans uniforme
Depuis septembre, les 430 élèves du lycée Jeanne d’Arc ont retrouvé la liberté vestimentaire. Une information relevée par Ici Isère. L’établissement était le seul du secteur à avoir intégré cette expérimentation lancée fin 2023 par le gouvernement et Gabriel Attal, et pour laquelle la région Auvergne-Rhône Alpes s’était porté candidate. Le choix c’était porté sur une tenue bleu marine floquée de l’écusson de l’école. La dotation initiale (deux sweats, trois polos et deux tee-shirts par élève, pour un coût de 224 euros HT) a rapidement été jugée insuffisante par les familles. Plusieurs lycéens ont également pointé le manque de confort et l’inadaptation aux saisons.
Des élèves pris à partie en dehors du lycée
Au-delà des aspects pratiques, certains élèves ont subi des moqueries et agressions de la part de jeunes d’autres établissements. “On s’est fait traiter de riches de base, des choses comme ça,” raconte une adolescente.“En plus d’être pénible à porter au quotidien, on devenait des cibles pour les lycées alentours.” Au départ, “c’étaient des attaques qui restaient plutôt verbales,” détaille un jeune homme, mais “c’est allé jusqu’à des gestes, avec des jets de cailloux.”“Du moment qu’il y a mise en danger de mes élèves, je ne peux pas me résigner à continuer sur un tel projet” explique la direction.
Une décision motivée aussi par des contraintes financières
La cheffe d’établissement, Céline Debhane, précise que des demandes d’amélioration avaient été remontées à la région, mais sans suite faute de budget. La collectivité déplorant que l’État n’ait pas apporté de soutien financier supplémentaire au-delà de la prise en charge de la moitié du coût des tenues. Résultat : le test, prévu sur deux ans, s’arrête après une seule année au Péage-de-Roussillon. Sur les quatre établissements de la région Auvergne-Rhône-Alpes engagés dans cette expérimentation, un seul a choisi de poursuivre en 2024-2025.