Allo maman bobo ! Depuis le 4 mai, les urgences pédiatriques de l’hôpital de Voiron ferment leurs portes chaque soir à 18 heures pour ne rouvrir qu’à 8 heures du matin. En cause : un manque d’internes pour ce semestre, qui contraint le CHU Grenoble Alpes à adapter son fonctionnement pour la première fois depuis l’ouverture du service en 2023.
C’est une situation inédite pour l’hôpital de Voiron. Depuis lundi, les urgences pédiatriques du site — rattaché au CHU Grenoble Alpes (Chuga) — n’assurent plus de permanence nocturne. De 18 heures à 8 heures du matin, le service est fermé, et ce jusqu’à nouvel ordre. Une première depuis l’ouverture de l’établissement en septembre 2023, confirme Jean-Marc Baietto, directeur délégué de pôles médicaux au Chuga. La situation s’ajoute à un contexte déjà dégradé : les urgences adultes du même hôpital fonctionnent en mode restreint depuis l’automne 2021, faute de médecins urgentistes seniors en nombre suffisant.
Le couperet de l’ARS début avril
La cause est identifiée : un déficit d’internes pour le semestre de mai à octobre. "Le service fonctionne avec la présence d’un praticien senior 24 heures sur 24, couplé à celle d’un médecin junior. Or nous avons appris début avril par l’ARS qu’il n’y aurait pas de stagiaires de médecine générale à Voiron ce semestre, en raison de tensions sur la médecine générale", explique Jean-Marc Baietto. Ces stagiaires représentent les deux tiers des effectifs des urgences pédiatriques. "Avec seulement deux internes à l’heure actuelle, nous ne pouvons pas faire tourner le service", résume le directeur délégué. La fermeture nocturne a donc été retenue par précaution, la fréquentation étant plus faible la nuit — une dizaine de patients en moyenne, contre une trentaine dans la journée hors épidémie hivernale. Signe que la communication est bien passé (ou que les enfants se portent bien), personne ne s’est d’ailleurs présenté depuis le début de la semaine la nuit ou en soirée. Il n’y a pas eu non plus d’affluence à la réouverture du service à 8 heures.
Des pistes de renfort, mais des délais
Le Chuga explore une solution : faire venir quatre praticiens étrangers en formation. "On devrait en savoir plus dans le courant du mois de mai, mais entre les validations de conventions, l’aval des services immigration et les démarches pour leur trouver un logement, ça peut prendre du temps", reconnaît Jean-Marc Baietto. Sans compter le temps de formation nécessaire avant toute prise en charge autonome de patients. En attendant, les urgences pédiatriques devraient elles pouvoir rester ouvertes en journée jusqu’à au moins fin juin. La période estivale pourrait toutefois compliquer la donne, avec les absences habituelles de médecins en juillet et août. Pour ne pas se retrouver dans la même impasse l’an prochain, le Chuga entend anticiper et renforcer ses liens avec les formations médicales à l’étranger.
Que faire en cas d’urgence ?
Pour les familles, les consignes sont claires. Entre 8 heures et 18 heures, le service de Voiron reste accessible normalement. En dehors de ces horaires, il faut composer le 15 pour être orienté vers un médecin de garde ou se rendre directement aux urgences pédiatriques de l’Hôpital Couple-Enfant à La Tronche. "C’est temporaire", assure Jean-Marc Baietto. "Nous avons des perspectives de renfort pour l’automne."