Les scientifiques le confirment : on respire mieux à la campagne qu’en ville !

Une étude européenne coordonnée par l’Université Grenoble Alpes révèle que les particules en suspension dans l’air urbain présentent un potentiel oxydant jusqu’à trois fois supérieur à celui des zones rurales. Une découverte majeure publiée dans la revue Nature qui pourrait orienter les futures politiques de santé publique en Europe.

Une étude scientifique inédite pilotée depuis Grenoble

Menée dans 43 pays européens par une équipe internationale dirigée par l’Université Grenoble Alpes (UGA), aux côtés du CNRS, de l’Inserm et de l’Institut de recherche pour le développement (IRD), cette étude constitue le plus vaste état des lieux jamais réalisé sur la capacité des particules à générer du stress oxydatif dans les poumons.

Les chercheurs ont analysé plus de 11 500 mesures provenant de 43 sites (urbains, industriels et ruraux) à travers l’Europe.
Leur objectif : évaluer le potentiel oxydant, indicateur clé du risque sanitaire lié à la pollution atmosphérique. Résultat sans appel : dans les zones à fort trafic routier, le stress oxydatif généré par les particules peut être jusqu’à trois fois plus élevé qu’en zone rurale.

Le trafic routier et le chauffage au bois en première ligne

L’étude met en évidence deux principales sources de pollution responsables de ce stress oxydatif : le trafic routier et le chauffage au bois. Selon les simulations menées, il faudrait réduire d’au moins 15 % les émissions de chacune de ces deux sources pour ramener les niveaux urbains moyens à ceux des zones les moins polluées. Mais pour atteindre les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), fixant la concentration annuelle de PM10 à 15 µg/m³, une diminution de 65 % des émissions serait nécessaire.

Ces chiffres rappellent l’urgence d’agir : à l’échelle européenne, la pollution de l’air cause environ 300 000 décès prématurés chaque année. En Isère, elle serait responsable de près de 1000 décès prématurés par an, selon une étude de Santé Publique France et Atmo Auvergne-Rhône-Alpes en 2021.

Un outil scientifique pour les futures normes européennes

Cette recherche, publiée le 22 octobre 2025 dans Nature, propose pour la première fois une base de données harmonisée du potentiel oxydant des particules ambiantes en Europe. Elle offre un socle concret pour établir de futures valeurs réglementaires et guider les politiques de santé publique.

Le travail de Cécile Tassel, doctorante à l’UGA, coordonnée par Gaëlle Uzu, directrice de recherche IRD au sein de l’Institut des géosciences et de l’environnement, s’inscrit dans la mise en œuvre de la nouvelle directive européenne sur la qualité de l’air qui préconise désormais de suivre non seulement la concentration des particules, mais aussi leur potentiel oxydant.

Une avancée scientifique grenobloise au service de la santé publique

Soutenue par l’Idex de l’Université Grenoble Alpes, la Fondation UGA – Chaire Prédict’air et la Fondation Air Liquide, cette étude confirme le rôle central des équipes grenobloises dans la recherche sur la qualité de l’air. Elle constitue un tournant majeur pour mieux évaluer les risques sanitaires liés à la pollution atmosphérique et protéger la santé des populations européennes.

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