Du vendredi 6 au dimanche 8 mars 2026, les Restos du Cœur organisent leur collecte nationale dans toute la France. Trois jours décisifs pour reconstituer des stocks fragilisés et répondre à une précarité qui ne cesse de progresser.
Chaque année, la collecte de mars constitue un temps fort pour l’association fondée par Coluche. En 2025, 8 100 tonnes de denrées alimentaires et de produits d’hygiène ont été récoltées à l’échelle nationale par 98 000 bénévoles dans plus de 7 500 magasins. En seulement trois jours, cela représente 12 % des dons en nature annuels. Les dons alimentaires restent aujourd’hui la première source d’approvisionnement des Restos. Un levier indispensable alors que la demande continue d’augmenter partout en France.
En Isère, des stocks au plus bas
Dans le département de l’Isère, 9 000 familles, soit près de 24 000 personnes, sont accueillies dans 23 centres. L’an dernier, la mobilisation des habitants avait permis de collecter 169 tonnes de produits. Mais à l’issue de la campagne d’hiver, les réserves sont particulièrement basses. Du 6 au 8 mars, plus de 1 600 bénévoles seront présents dans une centaine de magasins isérois pour recueillir des produits non périssables, des articles pour bébés et des produits d’hygiène. Les besoins prioritaires sont clairement identifiés : conserves de poisson, plats cuisinés à base de viande et de légumes, légumineuses en boîte ou sèches. Les produits doivent être secs et en petit conditionnement, afin de faciliter le stockage et la distribution, notamment auprès des personnes seules qui représentent près de la moitié des bénéficiaires.
Une plateforme en ligne pour donner à distance
Pour celles et ceux qui ne peuvent pas se rendre en magasin, l’association propose une solution numérique. La plateforme Click Cœur permet d’acheter en ligne des paniers solidaires composés de produits essentiels. Les denrées sont ensuite directement intégrées aux circuits de distribution des Restos. Ce dispositif vise à élargir la mobilisation et à rendre le don accessible à tous, même à distance.
Une précarité qui s’aggrave
Au niveau national, la situation reste préoccupante. Lors de la campagne 2024-2025, plus de 161 millions de repas ont été distribués et 1,3 million de personnes accueillies dans 2 318 lieux d’accueil. L’inflation a accentué la fragilité des ménages les plus modestes. Selon l’association, 38 % des personnes accueillies n’ont plus aucun reste à vivre une fois le loyer et les charges réglés. Six bénéficiaires sur dix vivent avec moins de la moitié du seuil de pauvreté.