Pour sa 28ᵉ édition, le festival grenoblois quitte le mois de novembre pour s’installer du 13 au 17 octobre au Palais des Sports. Un changement motivé par des raisons écologiques en même temps qu’une programmation qui assume plus que jamais sa ligne éditoriale sur l’accessibilité de la montagne.
C’est le message que les organisateurs ont voulu marteler en premier. Après vingt-sept éditions programmées début novembre, les Rencontres Ciné Montagne changent de créneau. « Il y a eu un choix fort qui a été fait cette année d’avancer l’événement sur la semaine avant les vacances, pour limiter le recours au chauffage du palais des sports », explique Damien Cousquer, directeur de la Mission Montagne et des Rencontres Ciné Montagne.
Ce décalage est suffisamment inhabituel pour inquiéter l’organisation sur la fréquentation : « Nous tous, au sein de l’organisation, on a un enjeu majeur qui est de faire savoir ce changement de date. » Le format, lui, ne bouge pas : cinq soirées de projection, du mardi au samedi, au Palais des Sports, avec plus de 20 000 spectateurs attendus, soit environ 3 800 personnes par soir.
Une billetterie qui s’ouvre au tarif réduit en ligne
« Une des principales évolution cette année sur l’organisation, c’est la mise en place d’une vente de la tarification réduite en ligne », détaille Damien Cousquer. La billetterie physique est maintenue à la Maison Grenoble Montagne à partir du 1er octobre, ainsi que sur place chaque soir, « pour permettre aussi à certains et à certaines de pouvoir accéder à l’événement, même sans téléphone et sans accès à internet ». L’ensemble des films reste sous-titré en français.
Pour Inès Ajmi, conseillère municipale déléguée à la Montagne, cette question tarifaire s’inscrit dans une politique plus large. « À Grenoble, les montagnes, tout le monde peut les voir, elles sont là autour de nous, elles font partie de notre paysage et de notre identité, mais tout le monde n’y a pas forcément accès », souligne-t-elle, en évoquant le programme Jeunes en Montagne, qui emmène chaque année près de 400 jeunes en altitude, et la revendication municipale de la gratuité des transports en commun le week-end à l’échelle intercommunale.

Solenne Piret marraine de cette édition
La sélection 2026 prolonge une ligne éditoriale installée depuis trois ans. « On a une attention assez particulière apportée à la diversité des pratiques et des pratiquants », résume Damien Cousquer, qui rappelle aussi le principe qui guide l’ensemble des choix : une montagne « non mécanisée et non aménagée », et un équilibre entre terrains proches et expéditions lointaines.
Marraine de cette édition, la grimpeuse Solenne Piret, membre de l’équipe de France de para-escalade depuis 2018, incarne cette orientation et sera elle-même à l’affiche d’un film. « C’est assez incroyable d’être là aujourd’hui, de pouvoir vous parler de montagne, et de pouvoir me présenter en tant qu’athlète pro, et d’avoir en plus un film qui sera présent aux Rencontres Ciné Montagne », confie-t-elle. Elle interviendra également le jeudi après-midi auprès des scolaires.
Le programme des soirées
Mardi 13. Ouverture avec le film de Solenne Piret au Grand Capucin, suivi de L’Himalaya au cœur de Jérémie Bigé, qui traverse la chaîne à partir d’anciennes cartes russes. Également au programme, Un printemps Mont-Blanc, film de ski avec Benjamin Védrines et Nicolas Jean, et un court métrage consacré à une cordée de femmes de plus de 50 ans en cascade de glace.
Mercredi 14. Soirée ouverte par Hunter’s Moon, première descente à ski du Montcoucq, réalisé par Christina Lustenberger et Gee Pierrel, ce dernier, récemment décédé, devait venir présenter le film ; un hommage est en préparation avec la réalisatrice. Suivront un film de highline, Cherry on the Cake (grande voie, avec l’équipe belge de Nicolas Favresse et Siebe Vanhee) et un documentaire sur une équipe de jeunes Indiennes se lançant dans le kayak.
Jeudi 15. L’équipe spéléo du Vercors, remarquée en 2023 avec On a marché sous la terre, revient avec une expédition en Papouasie à la recherche de la source d’eau d’un village. Mathieu Blanchard présentera L’Appel du silence, sur son aventure au Yukon, complété par quatre mini-films de ski et une satire de bloc.
Vendredi 16. Soirée « grand écart » entre un film sur des jeunes femmes de quartiers de Gap parties à vélo faire de l’escalade et Les 82 4000, première descente à ski de tous les 4 000 des Alpes, présenté par Vivian Bruchez et le réalisateur Pierre Cadot. Deux courts métrages complètent la soirée, dont la version courte de Mirage.
Samedi 17. Clôture avec un film d’alpinisme de Mathieu Maynadier emmenant le Pakistanais Mueez ud Din sur les sommets de son propre pays, les deux hommes ont créé une association de formation de guides locaux. Également Pas peur du bonheur, portrait d’Oscar, skieur devenu athlète paralympique après la perte d’une main, deux courts métrages sur le recul des glaciers et du permafrost, et un film de ski « session kids » en clin d’œil final.
👉 les Rencontres Montagnes et Sciences, historiquement adossées à l’événement, n’en feront pas partie cette année en raison du décalage des dates et des échéances d’inscription scolaire. Leur soirée aura lieu le 19 novembre à l’amphithéâtre Weil, sur le campus universitaire.