Au cœur de Grenoble, la pension de famille Les Bons Enfants a ouvert ses portes mercredi 28 mai dans le cadre de la 6ᵉ édition de la Semaine nationale des pensions de famille. Dix-huit studios, des espaces communs, deux salariées à temps plein et des bénévoles : un modèle discret mais efficace pour des personnes que la vie a mises à l’écart.

Dix-huit logements individuels, entièrement équipés. Cuisine, couchage, salle de bain. Mais la pension de famille Les Bons Enfants, gérée par Habitat et Humanisme Isère, ne se résume pas à ses murs. C’est au rez-de-chaussée, dans les espaces collectifs, que se joue l’essentiel. "Ils permettent aux personnes de s’investir dans la vie collective, de trouver des moments de convivialité, des moments de sociabilité, qui vont leur permettre de ne pas se retrouver forcément seuls en permanence", explique Jérémy Salgues, directeur d’Habitat et Humanisme Isère.

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Les résidents ont en commun d’être en demande de logement social, mais aussi d’avoir traversé des périodes qui ont distendu leurs liens, avec la famille, les collègues, le voisinage. La moyenne d’âge est de 53 ans. Majoritairement des hommes, quelques femmes.

Une redevance, pas un loyer

Financièrement, les résidents s’acquittent d’une redevance mensuelle, entre 380 et 520 euros selon la taille du studio, qui couvre le loyer, les charges, les assurances et l’accès aux espaces collectifs. Elle ouvre droit aux aides au logement. "Au final, le reste à vivre n’est pas ultra-important, parce que la plupart du temps, ce sont des personnes qui ont des ressources assez faibles", reconnaît Jérémy Salgues. Certains bénéficient de l’AAH, de la PCH ou d’une pension de retraite.

Deux salariées assurent une présence à 35 heures chacune, épaulées par des bénévoles. C’est la marque de fabrique d’Habitat et Humanisme : mêler professionnels et bénévoles pour animer les lieux, organiser des sorties, ouvrir la maison sur son quartier.

Pas un tremplin, un chez-soi

Contrairement à d’autres dispositifs d’hébergement, la pension de famille n’est pas temporaire. Les résidents peuvent y rester aussi longtemps qu’ils le souhaitent. Le turnover y est très faible. "Je suis arrivé il y a 12 ans, à l’ouverture. Je cherchais juste un logement social. Aujourd’hui, si on me proposait quelque chose de plus classique, je ne voudrais pas en partir, parce que je perdrais toute cette dimension collective", témoigne l’un des résidents, rapporté par le directeur.

Un dispositif qui veut grandir

En France, 25 000 personnes anciennement sans abri vivent aujourd’hui en pension de famille. Habitat et Humanisme en gère 67 sur le territoire national, dont deux en Isère, et une trentaine de projets sont en cours. La demande, elle, est orientée par le SIAO de l’Isère, qui flèche les candidats vers les places disponibles.

C’est dans ce contexte que Les Bons Enfants participait mercredi 28 mai à la 6e édition de la Semaine nationale des pensions de famille. Au programme : visite des lieux, buffet de plats du monde, animations musicales et ateliers créatifs autour du "vivre ensemble".

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