Les agriculteurs de la Confédération Paysanne reçus par la DDT après une journée de mobilisation

Ce mercredi 7 janvier, après une journée d’actions marquée par le blocage de l’A49 à Saint-Marcellin, une délégation de la Confédération Paysanne de l’Isère a rencontré François Gorieu, directeur de la DDT. L’échange, qui s’est tenu à 16 heures sur le parvis de l’administration à Grenoble, a porté sur la gestion sanitaire de la Dermatose Nodulaire Bovine (DNB).

Au terme d’une journée de mobilisation débutée au matin par le blocage de la sortie 9 de l’autoroute A49, les agriculteurs syndiqués ont porté leurs revendications devant la Direction Départementale des Territoires (DDT) de l’Isère. La discussion s’est principalement concentrée sur les mesures de lutte contre l’épidémie de DNB qui touche les élevages bovins.

La demande d’une vaccination généralisée

Pour les éleveurs de la Confédération Paysanne, le protocole sanitaire actuel est jugé inadapté. Pierre Berthet, paysan en vache allaitante à Velanne, préconise un changement de méthode : « Nous demandons à ce qu’on ait un arrêt des abattages totaux pour cette maladie-là. On veut des abattages partiels et une vaccination dans tout le pays. »

Selon l’éleveur, le dispositif actuel ne permet pas d’anticiper la propagation du virus, qui suit les flux de transport d’animaux. « On s’aperçoit qu’on a toujours un temps de retard sur la maladie. Elle est partie dans les Pyrénées, elle est en train de remonter dans le Cantal et dans le Tarn », explique-t-il, appelant à vacciner dès maintenant pour prévenir une recrudescence au printemps, période propice au retour des insectes vecteurs.

La position de la Direction Départementale des Territoires

Face à ces demandes, François Gorieu a rappelé les actions menées par les services de l’État. Il souligne que la campagne de vaccination a déjà été largement déployée dans les secteurs critiques : « On a vacciné quasi 100% des bovins qui étaient en zone réglementée, donc dans la zone qui était périmétrique des foyers qui se trouvaient en Savoie. »

Le directeur de la DDT a précisé que l’absence de vaccination généralisée en amont répond à des enjeux de commerce international. « Derrière la vaccination, il y a un enjeu de statut de la France vis-à-vis de cette maladie. La France a toujours un statut indemne. Elle a fait la démonstration qu’elle était en train de contenir cette maladie », a-t-il indiqué. Il a également rappelé l’importance du respect de la réglementation sur les mouvements d’animaux, engageant la responsabilité des producteurs et des négociants.

Un dialogue administratif

Sur l’issue de cette rencontre, les points de vue divergent. François Gorieu a souligné sa présence pour échanger avec les porte-paroles, tout en rappelant que la gestion sanitaire dépend de plusieurs acteurs, dont la Direction Départementale de la Protection des Populations (DDPP) et les groupements de défense sanitaire.

De son côté, Pierre Berthet reste dans l’attente de décisions ministérielles : « Il [le directeur de la DDT] est une courroie de transmission qui va aller dire à madame la préfète ce qu’on lui a dit, et qui devrait le remonter au ministère. Mais enfin, ça fait bientôt six mois qu’on fait remonter des choses et qu’il n’y a rien qui change. » Le syndicat a annoncé son intention de maintenir la pression sur les autorités dans les semaines à venir.

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