Installé au Gua, le centre de soins pour animaux sauvages de l’Isère, fait face à un afflux sans précédent d’appels et d’animaux en détresse, victime de la vague de chaleur historique de juin. Une situation qui révèle, une fois de plus, la précarité des structures associatives face à l’urgence climatique.

Le Tichodrome n’en peut plus. Après dix jours de canicule intense, le centre de soins pour la faune sauvage, basé en Isère, a dû prendre une décision exceptionnelle : suspendre temporairement ses accueils téléphoniques et les organisations de rapatriement d’animaux. « Avec les moyens humains et financiers dont nous disposons, nous ne pouvons faire face à cette sollicitation hors norme ! », explique l’association dans un communiqué publié le 3 juillet.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : plus de 1 000 appels ont été enregistrés en à peine dix jours, soit davantage que le total des appels reçus durant tout le mois de juin 2025. Pire, ce sont plus de 540 animaux qui ont été accueillis en juin, avec un pic à 230 pensionnaires en simultané. « Depuis 15 ans d’ouverture, c’est la plus forte sollicitation que nous ayons jamais eue », souligne le Tichodrome. Parmi les espèces les plus touchées : jeunes martinets noirs, passereaux, hérissons ou encore faucons crécerelles, tous particulièrement vulnérables aux températures extrêmes.

Un centre en mode « urgence absolue »

Face à l’afflux, le Tichodrome maintient une activité réduite : ses portes restent ouvertes, mais uniquement pour les animaux découverts en Isère et amenés directement sur place, du lundi au dimanche, de 9h à 15h. « Nous ne sommes malheureusement pas en mesure de prendre en charge les animaux des autres départements, au risque de saturer complètement notre structure », précise l’association.

La situation, inédite en 15 ans d’existence, devrait, espère le centre, « rester cantonnée à quelques jours ». Mais l’incertitude plane. « Nous sommes bien entendu désolés de cette situation, mais nous n’avons pas d’autre choix », admet le Tichodrome, qui rappelle que « tous les centres de soins sont confrontés à ces difficultés qui dépassent leurs capacités humaines, logistiques et financières ».

Le Tichodrome fête ses 20 ans au service de la faune sauvage

Un système à bout de souffle

Cette crise n’est pas une surprise. Depuis près de 30 ans, les centres de soins pour la faune sauvage tirent la sonnette d’alarme : la précarité de leur prise en charge en France s’aggrave, alors que le nombre d’animaux accueillis ne cesse d’augmenter, portés par la dégradation des conditions climatiques. « La faune sauvage, en tant que bien commun, ne relève pas de la responsabilité unique des associations », martèle le Tichodrome.

Pourtant, ces structures, majoritairement associatives, se retrouvent en première ligne face à des situations de crise majeures, sans toujours disposer des ressources nécessaires. Le Tichodrome, lui, fonctionne avec un budget annuel de 300 000 €, insuffisant pour absorber de tels pics d’activité.

Appel aux dons et mécénat

Outre le financement de son fonctionnement, le centre lance un appel aux dons pour son projet de rénovation, devenu « indispensable après 15 ans d’activité intense ». À ce jour, 70 % du montant total des travaux est déjà acquis grâce à des partenaires publics et privés, mais il manque encore 200 000 €.

Les entreprises, commerces, fondations et donateurs privés sont invités à soutenir le Tichodrome, via plusieurs canaux :

  • Une cagnotte en ligne sur HelloAsso, avec un argument de poids : une donatrice anonyme s’est engagée à doubler chaque don reçu entre le 4 juin et le 31 octobre 2026, dans la limite de 15 000 €. Les dons sont déductibles des impôts à hauteur de 66 %.
  • Le mécénat, avec des avantages fiscaux : réduction d’impôts de 60 % du montant du don, dans la limite de 20 000 € ou de 5 ‰ du chiffre d’affaires HT pour les entreprises.

👉 Pour contribuer ou devenir mécène, les contacts sont disponibles sur le site du Tichodrome

🎥 Reportage sur le Tichodrome