Nouveau coup dur pour la plateforme chimique du Pont-de-Claix. Après la la liquidation judiciaire de Vencorex en mai 2025, un projet de reprise ambitionnait de relancer l’activité industrielle du site. Il ne verra pas le jour.
Le projet Exalia est définitivement abandonné. Dans un communiqué publié ce mardi 9 juin, ses porteurs, Séverine Dejoux, ancienne salariée de Vencorex, déléguée syndicale CGT, et Olivier Six, dirigeant du groupe CIC Orio, annoncent leur retrait « avec un profond sentiment de révolte, d’amertume et d’immense gâchis ».
Après plusieurs mois de travail, de négociations et de démarches auprès des collectivités, des acteurs industriels et des services de l’État, le projet n’a pas réussi à surmonter les obstacles liés à la procédure de liquidation judiciaire. « Les impératifs de délais, l’inertie et les verrous procéduraux actuels condamnent définitivement un projet qui représentait pourtant l’avenir d’une filière industrielle régionale et nationale stratégique », regrettent les deux porteurs.
Un projet pourtant soutenu par toutes les collectivités
Exalia prévoyait de redémarrer la production de chlore sur le site pontois et d’embaucher, à terme, 250 salariés. Le projet bénéficiait du soutien de la commune du Pont-de-Claix, qui avait voté une aide de 600 000 euros il y a seulement quelques jours, mais aussi de la Métropole, du Département et de la Région.
Ses promoteurs défendaient également l’intérêt stratégique de la plateforme pour plusieurs secteurs industriels majeurs, notamment le nucléaire, l’armement, le traitement de l’eau et l’agroalimentaire. Ils espéraient aussi préserver la mine de sel drômoise de Hauterives, le principal fournisseur de matière première, et développer une chimie plus moderne et décarbonée.
Une vente à la découpe plutôt que la continuité de l’activité
Pour Séverine Dejoux et Olivier Six, l’échec du projet est directement lié aux choix effectués dans le cadre de la liquidation de Vencorex. Ils dénoncent une procédure ayant privilégié la vente des installations à un ferrailleur plutôt que la poursuite d’un projet industriel : « en privilégiant la vente à la découpe plutôt que la continuité d’un projet industriel d’avenir, le liquidateur a revendiqué la prévalence d’une logique comptable sur l’intérêt général », estiment-ils. « Face à des projets de reprise, ce sont souvent des opérations de démantèlement qui sont favorisées. Il faut absolument que cela change. »

Quel avenir pour cet ancien site industriel ?
Avec l’abandon d’Exalia, l’avenir de la plateforme chimique entre dans une nouvelle phase. Les opérations de démantèlement pourraient débuter dans les prochains jours sur ce site de 120 hectares. Les porteurs du projet alertent également sur les conséquences financières et environnementales de cette décision. Selon eux, les travaux de dépollution pourraient durer plusieurs années et représenter des coûts considérables pour les finances publiques.
Aujourd’hui, seuls une cinquantaine de salariés travaillent encore sur la plateforme, contre près de 450 avant la liquidation de Vencorex. Une partie d’entre eux a été reprise par le groupe chinois Wanhua. Reste désormais à déterminer ce que deviendra l’une des plus importantes friches industrielles de l’agglomération grenobloise. L’état réel des sols, le coût de la dépollution et les futurs projets de réaménagement demeurent inconnus.
🎥 Le projet Exalia dévoilé en juillet dernier suscitait beaucoup d’espoir pour le territoire
👉 L’intégralité du communiqué