À Villard-Bonnot, le chantier du nouveau pont de Brignoud franchit une étape clé avec l’assemblage de sa structure monumentale. Malgré des contraintes techniques fortes et une fenêtre d’intervention très limitée pour la traversée de l’Isère, le Département confirme le respect du calendrier : l’ouvrage sera livré fin 2026, avant l’installation d’une passerelle modes actifs en 2027.
Sous un ciel froid de décembre, les élus du Département et les équipes techniques ont foulé la plateforme de chantier du futur pont de Brignoud. Après des mois de fondations complexes, la structure principale commence désormais à émerger : un pont bow-string de 120 mètres de long, 20 mètres de large, pesant plus de 2 000 tonnes. « C’est un pont mixte, avec une arche métallique et un tablier en béton armé », explique Nicolas Milani, pilote du projet pour le Département. Les arches culmineront à près de 20 mètres, dessinant la silhouette de ce qui sera, dans un an, l’un des ouvrages majeurs du Grésivaudan.
Un assemblage millimétré, entre acier et béton
La fabrication des éléments métalliques s’est déroulée sur trois sites en France, avant leur transfert en Isère par convois exceptionnels. Sur place, l’assemblage progresse à un rythme soutenu. « Ici, on est sur la partie soudage. Les dalles en béton armé, elles, sont préfabriquées en usine », détaille Milani en montrant les équipes au travail. L’intégralité de la structure sera ensuite portée et positionnée d’un bloc au-dessus de l’Isère.
Un défi technique majeur attend encore les équipes : la traversée de la rivière. « Pour mettre l’ouvrage en place, il faut aménager une plateforme provisoire en période d’étiage, quand le débit de l’Isère est très faible », précise Milani. Cette fenêtre climatique favorable n’existe qu’à la fin de l’été, impose un délai d’intervention extrêmement court : « La manipulation ne doit pas dépasser quinze jours. »
Un calendrier serré mais respecté
Malgré ces contraintes, le chantier avance conformément au planning annoncé. « On est dans le tempo, malgré les fondations qui ont été très techniques sur chaque rive », confirme Bernard Perazio, vice-président chargé des mobilités et de la construction publique. Sauf événement hydraulique majeur, le Département maintient donc l’objectif : mise en service du nouveau pont fin 2026.
Ce calendrier est scruté de près par les habitants du Grésivaudan, qui vivent depuis plus de deux ans avec un pont provisoire limité aux véhicules légers. « C’est un palliatif, indispensable après l’incendie criminel, mais insuffisant : les poids lourds et les transports en commun ne peuvent pas l’emprunter », rappelle Perazio.
Un projet pensé pour 80 ans
Le Département finance seul les 26 millions d’euros nécessaires à l’opération, passerelle modes actifs comprise. Et l’investissement n’est pas pensé pour l’urgence, mais pour les décennies à venir. « On construit pour les 80 prochaines années », insiste Perazio, qui souligne la vocation multimodale du futur ouvrage : transports en commun, modes actifs, et connexion aux grandes continuités cyclables du territoire.
La passerelle piétons-vélos, elle, sera posée en 2027, en réutilisant les piles de l’ancien pont. « On évite d’intervenir dans la rivière, pour des raisons hydrauliques mais aussi environnementales », explique l’élu. Des écologues accompagnent d’ailleurs le chantier pour garantir les replantations et compensations nécessaires.
Un chantier stratégique pour le territoire
Entre le pont ferroviaire désormais opérationnel, la future passerelle modes doux et le nouvel ouvrage principal, ce sont en réalité trois infrastructures qui s’apprêtent à reconfigurer entièrement la traversée de l’Isère à Brignoud. « On veut retrouver une liaison apaisée entre les deux rives du Grésivaudan », affirme Bernard Perazio.
⤵️ Retrouvez les interviews de Bernard Perazio et de Nicolas Milani