Le maire de Grenoble demande la suspension de l’installation de Shein dans la ville

Le maire de Grenoble interpelle le groupe SGM, gestionnaire des Galeries Lafayette, pour suspendre l’arrivée de Shein dans la capitale alpine. En cause : de nouvelles polémiques autour de la marque chinoise, accusée de dérives éthiques, environnementales et désormais judiciaires.

 Une installation controversée au cœur de Grenoble

L’annonce de l’ouverture prévue le 18 novembre d’un point de vente Shein au sein du magasin des Galeries Lafayette à Grenoble a suscité une vive réaction. Dans une lettre adressée à Frédéric Merlin, président du groupe SGM, Eric Piolle dénonce l’arrivée d’une enseigne incarnant, selon lui, « les dérives sociales et environnementales de l’ultra fast-fashion ». Plusieurs enseignes nationales auraient déjà choisi de se désolidariser de Shein, refusant d’être associées à un modèle économique jugé incompatible avec une vision du commerce plus local, éthique et durable. Les Galeries Lafayette, marque historique du groupe SGM, auraient également pris leurs distances en retirant à Shein le droit d’utiliser leur nom.

 La position du maire : « Suspendre l’arrivée de Shein à Grenoble »

Dans son courrier, le maire de Grenoble appelle le groupe SGM à geler l’installation de Shein tant que la marque n’aura pas apporté aux autorités françaises toutes les garanties nécessaires concernant la légalité et le contrôle des produits mis en vente. Il insiste sur l’urgence de repenser le modèle commercial incarné par l’ultra fast-fashion, dont les conséquences sociales et environnementales sont jugées incompatibles avec les valeurs défendues par la municipalité. « Je vous demande aujourd’hui de suspendre son arrivée dans notre ville tant que ses dirigeants n’auront pas apporté toutes les garanties nécessaires quant au contrôle et à la vérification de la légalité des produits proposés », écrit le maire dans sa lettre officielle.

Après les poupées pédopornographique, la vente d’armes…

Depuis le 31 octobre, Shein est au centre d’un nouveau scandale : la plateforme a été épinglée pour avoir proposé à la vente des poupées à caractère pédopornographique. La DGCCRF a signalé les faits, entraînant le retrait de ces produits. Une plainte a été déposée auprès de la Procureure de la République de Paris pour complicité de vente de produits à caractère pédocriminel. Les dirigeants de Shein devront prochainement s’expliquer devant l’Assemblée nationale, convoqués dans un délai de quinze jours. À cette polémique s’ajoute une autre alerte transmise à la Procureure de la République de Paris, concernant la vente en ligne de produits assimilés à des armes de catégorie A, strictement interdites à la vente libre.

Contexte national : Shein sous surveillance

Ces dernières semaines, Shein fait face à une série de critiques en France : Soupçons de contrefaçon et de travail forcé,
enquête parlementaire sur ses pratiques environnementales, et désormais, des investigations judiciaires pour vente de produits illégaux. Ce jeudi matin la ministre de ministre des comptes publics, Amélie de Montchalin, a annoncé à l’aéroport de Roissy – Charles-de-Gaulle une opération de contrôle de 200 000 colis Shein pour s’assurer de la conformité des produits. Une opération menée conjointement par la répression des fraudes (DGCCRF), les douanes et la gendarmerie du transport aérien.

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