Sur les hauteurs de Claix, le Fort de Comboire domine les vallées du Drac et de la Romanche. Méconnu du grand public, cet ouvrage militaire fait pourtant partie intégrante du système de défense mis en place autour de Grenoble à la fin du XIXe siècle. Aujourd’hui restauré et entretenu, il ouvre régulièrement ses portes aux visiteurs.
Un fort construit après la défaite de 1870
La construction du fort s’inscrit dans un contexte bien particulier : celui de la remise en question du système défensif français après la Guerre franco-prussienne de 1870. Face à un ennemi mieux équipé et à une artillerie plus performante, les fortifications héritées de Sébastien Le Prestre de Vauban apparaissent dépassées.
Pour répondre à ces nouvelles menaces, un vaste programme de défense est lancé sous l’impulsion du général Raymond Adolphe Séré de Rivières. L’objectif est clair : empêcher toute armée ennemie de s’approcher des villes en les entourant de forts capables de repousser les attaques à distance.
C’est dans ce cadre que Grenoble est ceinturée de plusieurs ouvrages militaires. Le Fort de Comboire, dont le projet est validé en 1881, est construit entre 1882 et 1885, en seulement trois ans.
Un rôle stratégique au coeur du dispositif
Positionné en hauteur, le fort avait pour mission de surveiller et de bloquer les accès aux vallées environnantes, notamment celles du Drac et de la Romanche. Grâce à son artillerie, il devait empêcher toute progression ennemie vers Grenoble, alors centre militaire important des Alpes.
A son apogée, le site pouvait accueillir plus de 300 soldats, encadrés par des sous-officiers et des officiers. Il faisait partie intégrante d’un réseau défensif cohérent, pensé pour protéger durablement le territoire.
Un fort resté dans son état d’origine
Particularité notable du Fort de Comboire : il n’a quasiment pas été modifié depuis sa construction. Alors que d’autres forts français ont été renforcés face aux évolutions de l’armement, notamment avec l’apparition d’obus explosifs plus puissants, ceux de la région grenobloise ont été peu transformés.
Cette situation s’explique notamment par l’évolution du contexte géopolitique, la menace italienne s’étant atténuée à la fin du XIXe siècle. Résultat : le fort constitue aujourd’hui un exemple rare et particulièrement bien conservé du système Séré de Rivières.
De site militaire à lieu de mémoire
Au fil du temps, l’activité militaire du fort décline. Dès la Première Guerre mondiale, une grande partie de sa garnison est envoyée sur le front du Nord-Est, laissant le fort avec une présence militaire réduite. En réalité, le Fort de Comboire n’a jamais servi directement au combat ni connu d’attaque, son rôle étant avant tout dissuasif dans le cadre du système de défense entourant Grenoble. Le site est ensuite utilisé comme dépôt de matériel, puis occupé successivement par les troupes italiennes et allemandes durant la Seconde Guerre mondiale.
Après la guerre, le fort poursuit une activité logistique avant d’être définitivement désaffecté et vendu à la commune de Claix en 1984. Depuis 2012, une association locale oeuvre à sa restauration et à sa mise en valeur.
Reconnu pour son intérêt patrimonial, le fort a obtenu en 2023 le label « Patrimoine en Isère ».
Une visite pour redécouvrir ce patrimoine
Aujourd’hui, le Fort de Comboire revit à travers des visites organisées pour le public.
Le site est accessible en voiture ou à vélo via la route reliant Seyssins à Claix parle col de Comboire, avec un parking disponible sur place. Il est également possible de s’y rendre en transports en commun depuis Grenoble, en combinant le tramway et une ligne de bus, avant de terminer à pied par un sentier balisé.
La prochaine visite est prévue le samedi 4 avril 2026. Les portes ouvriront à 14h, avec un départ de visite à 15h. Le tarif est fixé à 5 euros, avec une gratuité pour les enfants de moins d’1m35.
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