Après une première tournée remarquée, le Camion-Opéra repart sillonner l’Auvergne-Rhône-Alpes en 2026. Porté par l’Opéra de Lyon et soutenu par la Région Auvergne-Rhône-Alpes, ce dispositif itinérant entend rapprocher l’opéra de nouveaux publics grâce à une forme légère, mobile et accessible.
Pensé comme un outil de création et de diffusion hors les murs, le Camion-Opéra transforme places, parcs, stades ou cours d’établissements scolaires en véritables salles de spectacle. En moins de deux jours, le camion se déploie pour accueillir une centaine de spectateurs dans une « boîte noire » offrant de réelles capacités techniques. L’objectif est clair : lever les freins géographiques, culturels et économiques qui éloignent encore une partie du public de l’opéra. La démarche repose sur un principe d’« aller vers », avec des formes artistiques adaptables aux lieux et aux publics rencontrés, et une forte attention portée aux échanges.
Le Sang du Glacier au cœur de la tournée 2026
Après sa création au Théâtre du Point du Jour en décembre 2024 et une première itinérance régionale en 2025, l’opéra Le Sang du Glacier reprend la route en 2026. La tournée se déroule en deux temps, du 24 février au 27 mars, dans les lycées de l’Ain, de l’Isère (du 3 au 6 mars au Lycée l’Oiselet à Bourgoin-Jallieu), de la Savoie et de la Drôme, avec des représentations à destination des collégiens et lycéens, mais aussi des séances ouvertes au grand public. La seconde phase, du 18 mai au 19 juin, investira l’espace public de plusieurs communes, de la Haute-Savoie au Puy-de-Dôme. Au total, 52 représentations sont programmées en 2026, contre 43 lors de la saison précédente.
Une création contemporaine ancrée dans les enjeux climatiques
Œuvre de la compositrice Claire-Mélanie Sinnhuber, Le Sang du Glacier s’appuie sur un livret de Lucie Vérot Solaure et une mise en scène d’Angélique Clairand. L’opéra trouve son origine dans un phénomène bien réel : l’apparition d’algues rouges sur les glaciers, conséquence du réchauffement climatique. À partir de cette base documentaire, le récit adopte une forme de réalisme magique et suit le parcours d’une jeune femme confrontée à la disparition de son père, à la pollution de l’eau et à l’impact du dérèglement climatique sur son quotidien. La partition, écrite pour deux chanteurs et un ensemble instrumental resserré, privilégie l’intimité et la clarté du propos, dans un format d’une heure dix, accessible dès 14 ans.
Une forte dimension pédagogique
Le Camion-Opéra ne se limite pas aux représentations. Autour du spectacle, un large programme de médiation est proposé, en particulier à destination des jeunes publics. Il comprend des formations pour les enseignants, des dossiers pédagogiques, des rencontres avec les équipes artistiques et techniques, des ateliers de pratique vocale ou encore des conférences en lien avec les thématiques scientifiques et environnementales abordées par l’œuvre. Ces actions sont construites en lien étroit avec les collectivités, les établissements scolaires, les structures culturelles et les réseaux associatifs locaux, afin d’adapter le projet aux réalités de chaque territoire.
Un succès public qui se confirme
Lors de la première saison, près de 4 500 spectateurs ont assisté aux représentations, avec un taux de remplissage de 91 %. Une large majorité découvrait l’opéra pour la première fois. Fort de ce constat, le projet est reconduit et amplifié. Le budget global de l’opération s’élève à 700 000 euros, financé majoritairement par la Région. Les places sont proposées à un tarif unique de 10 euros, affirmant la volonté de rendre l’opéra accessible au plus grand nombre.