Le Procureur de la République de Grenoble a tenu une conférence de presse ce lundi après-midi pour donner de nouvelles informations concernant le mystérieux cadavre découvert samedi sur la commune de Proveysieux en Chartreuse.
Au cours de cette conférence de presse, Etienne Manteaux a confirmé que la découverte avait été faite par des promeneurs intrigués par une odeur incommodante. En cherchant à identifier la provenance, ils sont tombés sur un corps enroulé dans un drap et très sommairement enterré au bord d’un torrent : "il y avait à peine quelques centimètres de terre au-dessus. Un morceau de jambe, n’était même pas recouvert" a-t-il précisé.
Un tissu retrouvé dans la bouche
L’autopsie réalisée dimanche matin par un professeur de l’Institut médico-légal de Grenoble n’a pas permis, à ce stade, d’établir les causes exactes du décès. Aucune trace de balle ni blessure par arme blanche n’a été relevée, pas plus que de fractures osseuses visibles. En revanche, le médecin légiste a constaté la présence de fractures dentaires ainsi qu’un morceau de tissu retrouvé dans la bouche de la victime, un élément jugé notable et pouvant évoquer une mort par asphyxie, selon le Procureur qui est néanmoins resté très prudent en attendant des analyses complémentaires.
La victime était connue de la justice lyonnaise
Si les circonstances du décès restent incertaines, l’identité de la victime a, elle, pu être confirmée grâce à ses empreintes digitales car il était déjà fiché par la justice. Il s’agit d’un homme de 27 ans, de nationalité algérienne, domicilié à Lyon. Sa disparition avait été constatée par sa famille le 10 avril dernier. La police avait été prévenue le lendemain. Il était connu pour des infractions en lien avec les stupéfiants et des délits routiers mais "il n’était pas dans le haut du spectre de la délinquance " a nuancé le Procureur.
Le corps a pu être déplacé à plusieurs reprises
La date du décès demeure difficile à préciser en raison de l’état de décomposition avancé du cadavre. "On ignore également depuis combien de temps il se trouvait sur place " a précisé Étienne Manteaux en soulignant l’absence de traces de morsures animales. "Un élément qui laisse penser que le corps n’est pas resté longtemps à cet endroit, les charognards s’attaquant généralement rapidement aux dépouilles ". Une hypothèse qui implique l’existence d’un éventuel lieu de conservation avant le transport en Chartreuse. Le Procureur de Grenoble s’en tiendra là. C’est désormais le parquet de Lyon qui va reprendre l’enquête pour essayer de reconstituer le scénario de ce crime qui conserve encore une grande partie de son mystère.