L’emblématique piscine de plein air du centre-ville de Grenoble franchit une étape historique. Après une phase d’expérimentation réussie, la municipalité a annoncé ce mercredi 13 mai la pérennisation d’une ouverture sur trois saisons.
Historiquement réservée aux mois de juillet et août, la piscine Jean Bron vit une petite révolution. Depuis le 31 mars dernier, ses lignes d’eau accueillent de nouveau scolaires, clubs et grand public. Ce point d’étape, réalisé par Laurence Ruffin, Maire de Grenoble, et Meriem Naili, adjointe aux Sports, confirme le succès de la phase d’essai lancée à l’automne 2025. Avec plus de 5 550 usagers à l’automne et déjà 4 188 entrées enregistrées depuis fin mars, l’engouement est au rendez-vous.

Cette réussite permet aujourd’hui d’acter la suite du projet. "Ce qu’on annonce, c’est la pérennisation et l’ouverture 3 saisons sur 4 de Jean Bron, c’est-à-dire au printemps, à l’été et à l’automne. Et c’est le lancement d’une trajectoire qui va être plus longue, puisque l’idée à moyen terme, c’est d’avoir Jean Bron 365", explique Laurence Ruffin.
Des aménagements techniques pour un coût maîtrisé ?
Pour transformer un bassin d’été en équipement capable de braver la fraîcheur printanière, la Ville a investi environ un million d’euros dans des dispositifs spécifiques. "Pour accueillir le public dès l’automne, on a pu mettre en place des barnums isolés et chauffés pour permettre aux personnes de venir à partir des vestiaires jusqu’au bassin de manière confortable", précise la municipalité. À cela s’ajoutent une couverture thermique nocturne et le raccordement au chauffage urbain, assuré à 80 % par des énergies renouvelables.

Meriem Naili souligne que le "coût de chauffage qui n’est pas plus important qu’une piscine couverte" . En effet, "sur la piscine ouverte, on n’a pas besoin de chauffer, de déshumidifier l’air ambiant, contrairement à une piscine couverte". Sur la première période d’essai, la dépense en fluides s’est élevée à "7 000 euros", un chiffre jugé très raisonnable par les élus au regard du service rendu.
Le "savoir-nager" : une urgence sociale et éducative
Au-delà de l’agrément, cette extension d’ouverture répond à une problématique majeure de santé publique. À Grenoble, les tests de natation en fin de primaire sont inférieurs à la moyenne nationale. "Dans les quartiers populaires de la ville, on est sur un enfant sur quatre qui accède au test du savoir nager. On a les trois quarts d’enfants qui ne réussissent pas le test", s’alarme l’adjointe aux sports.
Le manque d’infrastructures est pointé du doigt : "On a trois fois moins de piscines par habitant à Grenoble que dans d’autres villes". L’ouverture de Jean Bron sur trois saisons permet donc de compenser les fermetures techniques d’autres établissements, comme la piscine du Clos d’Or actuellement en travaux, et d’offrir des créneaux supplémentaires indispensables aux écoles.
Vers "Jean Bron 365" : les défis de demain
Si le projet "Jean Bron 215" (pour 215 jours d’ouverture) est désormais une réalité, le passage à une ouverture intégrale en hiver représente un défi d’une autre dimension. Pascal Reydellet, chef de service des équipements sportifs, tempère les attentes immédiates : "Aujourd’hui, la couverture thermique et les équipements qu’on a mis en place ne suffiraient pas. Il faudrait aller sur des gros travaux, notamment un passage qui puisse faire le lien entre les vestiaires et le bassin avec un sas."

La mairie va lancer des études complémentaires pour évaluer les investissements nécessaires, notamment pour garantir le confort du personnel de surveillance et optimiser le chauffage par grand froid. En attendant, Jean Bron se prépare pour sa saison estivale. L’ouverture printanière s’achèvera le 6 juin, avant de laisser place, dès le 15 juin, aux horaires d’été et aux traditionnelles nocturnes jusqu’à 20h30.