Éric  Piolle, maire écologiste de Grenoble, et Élisa  Martin, son ancienne première adjointe devenue députée LFI de l’Isère, sont visés par une enquête préliminaire ouverte le 5 juin 2024 par le parquet de Grenoble pour le délit de concussion (le fait d’exiger ou percevoir de l’argent indûment pour un élu). Le nouveau procureur de la République, Etienne Manteaux, en poste depuis le 20 juin, vient d’annoncer que le dossier avait été délocalisé au parquet de Valence. Un dépaysement qui intervient à quelques mois des municipales.

Une affaire révélée par le Canard Enchainé en juin 2024
Selon « Le Canard enchaîné » qui a révélé l’affaire, Eric Piolle, en fin d’année 2016, aurait passé un accord avec son plus proche collaborateur, Enzo Lesourt, l’augmentant de 600 euros nets par mois en lui demandant de reverser 400 euros en liquide à celle qui était alors sa première adjointe, Elisa Martin, pour compenser l’effet de deux promesses de campagne qu’elle avait pourtant soutenues : la baisse de 25% des indemnités des élus grenoblois et le non cumul des mandats qui l’obligeait à abandonner son poste de conseillère régionale rémunéré à l’époque plus de 2600 euros bruts par mois.

Le système aurait perduré pendant 4 ans
La combine décrite par « Le Canard Enchaîné » aurait fonctionné près de quatre ans soit un total d’environ 16  800 euros. Ces versements n’auraient jamais été déclarés au fisc par Élisa Martin ce qui rajoute un délit de fraude fiscale. C’est l’élection, en juin 2020, de l’élue grenobloise à l’Assemblée Nationale qui aurait mis fin à ce système de rémunération occulte. A partir de cette date, Enzo Lesourt a donc pu jouir pleinement de son salaire.

Une bombe à retardement pour LFI et les écologistes
Même si les montants détournés restent modestes, ces accusations feraient l’effet d’une bombe si elles étaient avérées avec des répercussions qui iraient bien au-delà de la sphère politique grenobloise. Élisa  Martin est une proche de Jean-Luc Mélenchon avec lequel elle a fondé le Parti de Gauche (ancêtre de LFI) en 2008. Et chez les écologistes ont s’inquiète également en haut lieu des conséquences comme le confirme le mail que l’eurodéputé David Cormand, un proche de Marine Tondelier, a envoyé à Eric Piolle cet hiver pour le dissuader de candidater au poste de porte-parle du parti : « C’est terriblement périlleux pour notre parti qu’un de ses portes-paroles, maire emblématique d’une ville écologiste, soit potentiellement exposé à des poursuites pour des faits aussi problématiques en plein milieu d’une campagne municipale. C’est un danger politique majeur qui pèse à la fois sur toi, mais aussi sur nous toutes et tous à la veille d’échéances vitales pour l’ensemble de la gauche. »

Un traitement judiciaire avant les Municipales ?
Élisa  Martin n’a jamais voulu s’expliquer devant la presse sur ses accusations. Selon nos informations, elle n’aurait pas encore été entendue par les enquêteurs, bénéficiant de son immunité parlementaire. Eric Piolle, qui a malgré tout été élu porte-parole du parti « Les Ecologistes », a justifié ces accusations par une volonté de vengeance de son ancien collaborateur suite à son licenciement. Le maire de Grenoble a toujours affirmé qu’il faisait confiance à la justice. Reste à savoir si la justice traitera cette affaire avant ou après l’échéance électorale de mars 2026 ? Une temporalité qui peut changer beaucoup de choses…

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