Le soir du 25 juillet 2024, peu après 19 h, un impressionnant éboulement a emporté une portion entière d’un coteau du massif du Vercors, sur la commune de La Rivière en Isère. Un pan de montagne gigantesque s’est détaché au niveau d’une carrière de calcaire, ensevelissant la RD 1532, l’axe principal reliant Grenoble à Romans et Valence.
Un éboulement exceptionnel
L’éboulement, d’une ampleur exceptionnelle (environ un million de m³ de roches et de terre), a enseveli plus de 400 mètres de chaussée et formé une barrière d’une quinzaine de mètres de hauteur sur la route. Par miracle, aucune victime n’a été signalée ; les recherches, amorcées par le pompiers et les gendarmes, ont été suspendues à cause de l’instabilité du terrain, sans révéler de disparition. Plusieurs secteurs ont subi des coupures d’électricité et la chapelle Notre‑Dame‑d’Armieu a été entièrement détruite. Les experts estiment que 160 000 tonnes de roche menacent encore de tomber.
Une commune isolée
Depuis l’effondrement de la RD 1532, axe vital entre Grenoble et Valence (7000 véhicules par jour), la circulation reste profondément perturbée. Les riverains sont contraints d’emprunter des itinéraires de déviation par l’autoroute A49 ou la RD 1092, augmentant la congestion sur ces axes déjà saturés. Pour soulager les usagers, le Département et la société Area ont mis en place, dès septembre 2024, une tarification spéciale des péages sur certains trajets.
Une plainte pour mise en danger de la vie d’autrui
Commerçants, artisans et agriculteurs paient un lourd tribut à la catastrophe. Parmi eux, Christophe Buisson, exploitant local, a vu 6,5 hectares de ses terres engloutis sous les décombres. Face à ces difficultés, un collectif citoyen, baptisé « La Montagne gronde, Écoutons-la », a vu le jour. Il réclame la gratuité des péages et demande des comptes sur l’origine de l’éboulement, notamment en lien avec l’activité de la carrière voisine. Car pour la commission interministérielle chargée de statuer sur les demandes de reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle émises par les communes, l’éboulement de La Rivière n’en est pas une : « Des facteurs d’origine anthropique sont prédominants dans le déclenchement du mouvement de terrain : terrassements liés à l’exploitation d’une carrière. » Le collectif a décidé de déposer une plainte ce 25 juillet, un an après les faits, pour mise en danger d’autrui.
Une nouvelle route à l’étude
L’éboulement a également bouleversé le cours du ruisseau du Versoud, causant des inondations dans les plantations de noyers environnantes. Des travaux d’urgence ont dû être engagés pour rétablir l’écoulement naturel de l’eau et prévenir d’autres débordements. Malgré les mesures provisoires, la population reste en attente de solutions durables, notamment à travers le projet de réaménagement de la route, actuellement à l’étude par le Département. Le nouveau tracé pourrait emprunter une partie de la zone éboulée mais en dehors du périmètre d’exclusion. L’objectif est de lancer une concertation publique début octobre pour adopter un tracé définitif avant la fin de l’année. Une nouvelle route qui, dans le meilleure des cas, ne sera pas opérationnelle avant l’été 2027.
➡️ La vidéo de l’éboulement de La Rivière
➡️ Le JT de TéléGrenoble du 19 février 2025 avec le porte-parole du collectif « la montagne gronde »