La préfète de l’Isère a ordonné vendredi la fermeture administrative du lieu de culte pour des propos jugés dangereux. L’association gestionnaire et plusieurs responsables ont vu leurs avoirs gelés dès janvier.

La mosquée Assalam, située à Saint-Siméon-de-Bressieux, ne pourra plus accueillir de fidèles pendant six mois. Vendredi 13 février, la préfète de l’Isère, Catherine Séguin, a signé un arrêté ordonnant la fermeture administrative du lieu de culte, implanté au 58 route de la Côte-Saint-André. La mesure s’appuie sur l’article L. 227-1 du code de la sécurité intérieure, un dispositif qui permet la fermeture d’un lieu de culte lorsque les propos qui y sont tenus provoquent à la violence, à la haine ou à la discrimination, ou encouragent la commission d’actes terroristes. Dans son communiqué, la préfecture évoque des idées et théories diffusées au sein de la mosquée jugées de nature à favoriser le passage à l’acte. L’association gestionnaire, déclarée en mai 2012 et présidée par Assaâd Abadla, indique avoir pour objet l’enseignement de la langue arabe et la lutte contre l’échec scolaire. Le lieu accueillerait une vingtaine de fidèles.

Des prêches dans le viseur des autorités

Au cœur de la décision préfectorale : plusieurs prêches prononcés entre octobre 2024 et mars 2025 par l’imam habituel jusqu’à la fin mars, Mohamed Ferid Amri. Il lui est reproché d’avoir valorisé le djihad armé en citant des versets coraniques à tonalité belliqueuse, régulièrement utilisés, selon l’arrêté, par des mouvances pro-djihadistes. Les autorités pointent également des références répétées au conflit israélo-palestinien, utilisées pour donner une portée contemporaine à des discours religieux qualifiés de radicaux. L’arrêté évoque une incitation à la violence et à la commission d’actes terroristes, ainsi que des propos visant les non-musulmans, décrits comme des « mécréants ».

Les mis en cause démentent formellement

Autre élément mis en avant : l’influence supposée de certains prêches sur des fidèles partis rejoindre l’organisation terroriste État islamique en zone irako-syrienne. Le nom de Nidhal Hachani, un jeune Grenoblois, est cité comme exemple d’un fidèle ayant ensuite encouragé d’autres départs. L’imam et ce jeune Grenoblois démentent formellement tout lien de nature terroriste et réfutent catégoriquement les propos qui leur sont prêtés. Ils rappellent qu’ils n’ont par ailleurs jamais été mis en cause dans une procédure judiciaire. Ils estiment également que cette décision administrative ne se fonde sur aucun fait précis et établi.

Une procédure contradictoire avant la sanction

La préfecture souligne que la fermeture est intervenue à l’issue d’une procédure contradictoire. Le bureau de l’association gestionnaire a pu présenter ses observations avant que la décision ne soit prise. Une étape obligatoire destinée à garantir le respect des droits de la défense, même dans le cadre de mesures administratives liées à la sécurité nationale. Outre l’imam, le responsable de la gestion de la mosquée et le secrétaire de l’association sont également mentionnés dans l’arrêté pour des actions de prosélytisme présumé, notamment auprès d’un public jeune et vulnérable.

Des avoirs gelés depuis janvier

La fermeture administrative s’inscrit dans un contexte de mesures déjà engagées contre l’association. Le 6 janvier dernier, un arrêté conjoint du ministre de l’Intérieur et du ministre de l’Économie a ordonné le gel des fonds et ressources économiques de l’association gestionnaire, de son président, de son secrétaire, du responsable de la gestion du lieu de culte ainsi que de l’imam. Cette décision, fondée sur l’article L. 562-2 du code monétaire et financier, vise à empêcher l’utilisation de ressources financières en lien avec des faits d’incitation à des actes terroristes.

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