Malgré une fréquentation en hausse, la MC2, Maison de la culture de Grenoble, se trouve dans une situation financière très préoccupante avec un déficit estimé à un million d’euros pour 2025. Un trou que les élus ont visiblement découvert il y a seulement quelques semaines.

Depuis l’arrivée de son directeur Arnaud Meunier il y a cinq ans, la MC2 a connu une profonde transformation pour élargir son audience. Résultat : une hausse marquée des recettes propres, passées de 2,7 millions d’euros en 2021 (année perturbée par le Covid) à 6,5 millions en 2025, et un développement important de l’activité artistique. Mais cette dynamique s’est accompagnée d’une augmentation des coûts, dans un contexte d’inflation et surtout de baisse des subventions publiques.

Le théâtre public ne peut pas être rentable

Au fil des dix dernières années, la direction estime que près d’un million d’euros de financements ont été supprimés ou non revalorisés. La Région a par exemple retiré 105 000 euros, tandis que la Métropole de Grenoble a récemment réduit son aide de 100 000 euros, entraînant par ricochet la perte d’un soutien équivalent de l’État. Arnaud Meunier rappelle que le modèle du théâtre public ne permet pas de compenser ces pertes par la seule billetterie (malgré 100 000 entrées en 2025), d’autant plus que l’établissement mène une politique tarifaire volontariste en faveur des jeunes et des publics modestes avec des billets à petits prix.

La Métropole verse plus de 4,2 millions d’euros par an

Principal financeur de la MC2, Grenoble Alpes Métropole qui abonde chaque année au budget de l’équipement à hauteur de 4,26 millions d’euros, a voté ce vendredi 6 février une enveloppe supplémentaire exceptionnelle de 125 000 euros en espérant que les trois autres partenaires institutionnels (Etat, Département, Région) fassent de même. Cette aide permettra au mieux de combler la moitié du déficit. Le reste sera reporté sur la prochaine saison et les prochains élus, avec une demande claire : réduire la voilure en nombre de spectacles.

Au-delà de l’urgence financière, la question du modèle et de l’avenir de la MC2 devra être tranchée par le nouveau conseil d’administration qui sera issu des élections municipales.

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