Quatre ans après un drame survenu en pleine nuit dans les rues de Grenoble, Ouadia Kaouass, 34 ans, est jugé depuis ce lundi 20 avril devant la cour d’assises de l’Isère. Sa passagère, âgée de 18 ans, avait été tuée par balle lors de l’intervention policière.

Les faits remontent à la nuit du 4 au 5 octobre 2022. Des policiers en patrouille à Saint-Martin-d’Hères tentent de contrôler une Renault Mégane blanche jugée suspecte. Le conducteur refuse d’obtempérer et prend immédiatement la fuite. Une course-poursuite s’engage alors dans les rues de Grenoble.

Des tirs en direction des policiers

Au cours de la poursuite, le conducteur tire à plusieurs reprises sur les forces de l’ordre. Arrivé au bout de la rue Henri-Tarze, une impasse du quartier de la Presqu’île, il est contraint de faire demi-tour. Selon l’accusation, il "aurait alors foncé sur les policiers" descendus de leur véhicule pour tenter de l’interpeller. Les fonctionnaires ouvrent le feu, sans parvenir à stopper immédiatement la voiture.

La course se termine quelques kilomètres plus loin, sur le cours de la Libération. Le conducteur perd le contrôle du véhicule et tente de fuir à pied avant d’être rattrapé par les policiers. À l’intérieur de la voiture, les forces de l’ordre découvrent une jeune femme de 18 ans, originaire de Salon-de-Provence, grièvement blessée par balle au cou. Elle est déclarée décédée sur place. Une arme de poing est également retrouvée dans le véhicule.

Un accusé au passé judiciaire chargé et une OQTF

Ouadia Kaouass, de nationalité marocaine, est poursuivi pour "tentative de meurtre sur personnes dépositaires de l’autorité publique", "refus d’obtempérer aggravé", "détention d’arme" et "conduite sous l’emprise d’alcool et de stupéfiants". Déjà connu de la justice, il avait été condamné en 2012 à huit ans de prison pour avoir tiré sur des policiers près d’Avignon.

Sorti de détention en 2020, il faisait encore l’objet de plusieurs procédures pour des faits de violences avec armes et port d’arme prohibé. Au moment des faits, l’homme était recherché après avoir été aperçu armé d’un fusil d’assaut à La Tour-du-Pin. Il avait également été interpellé à Bourgoin-Jallieu en possession d’un revolver 357 Magnum. Il faisait en outre l’objet d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF), qui n’avait pas pu lui être notifiée car il était en fuite.

La légitime défense retenue pour les policiers

Une enquête distincte sur l’usage des armes par les policiers avait été confiée à l’Inspection générale de la police nationale. Celle-ci a conclu à la légitime défense, entraînant un classement sans suite. Les agents de police et le père de la passagère se sont d’ailleurs portés partie civile. Le procès doit durer plusieurs jours. Le verdict est attendu lundi 27 avril.

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