Le réseau mobile 2G d’Orange s’arrête ce mardi 20 octobre en Isère. Une évolution technologique qui pourrait rendre inutilisables certains téléphones, mais aussi des équipements de sécurité.

C’est une page de l’histoire de la téléphonie mobile qui se tourne. Ce mardi, Orange met fin à son réseau 2G en Isère, comme dans la majeure partie du territoire français. Après plus de trente ans de fonctionnement, cette technologie, déployée dans les années 1990, laisse définitivement la place aux réseaux plus récents.

La fermeture est progressive selon les opérateurs. SFR doit notamment interrompre son réseau 2G dans l’agglomération grenobloise d’ici le 30 novembre, avant une généralisation en décembre. Bouygues Telecom prévoit également une extinction nationale d’ici la mi-décembre. Quant à Free, qui ne dispose pas de son propre réseau 2G, il dépend du calendrier d’Orange. Certaines zones blanches réglementaires bénéficieront d’un délai supplémentaire.

Des téléphones ne fonctionneront plus

Pour la grande majorité des utilisateurs de smartphones récents, cette disparition passera inaperçue. Mais les détenteurs d’anciens téléphones compatibles uniquement avec la 2G ne pourront plus passer d’appels ni envoyer de SMS sur les réseaux concernés.

En France, selon les dernières données publiées par l’Arcep, 1,7 million de terminaux exclusivement 2G étaient encore actifs fin juin 2026. Un chiffre qui illustre l’ampleur de la transition restant à accomplir qui pourrait concerner plusieurs milliers d’Isérois notamment les personnes âgées qui utilisent encore des téléphones à touches, appréciés pour leur simplicité et leur autonomie.

Des conséquences moins visibles

Mais les conséquences les plus sensibles pourraient se situer ailleurs que dans les téléphones. De nombreux équipements utilisent encore la 2G pour transmettre des informations ou déclencher des alertes. C’est notamment le cas de certains systèmes de téléassistance à domicile pour les personnes âgées, de dispositifs de télésurveillance ou encore de téléalarmes installées dans les ascenseurs.

Dans les immeubles de Grenoble et des autres communes iséroises, les copropriétés et bailleurs sociaux doivent ainsi vérifier la compatibilité de leurs installations. Selon la Fédération des Ascenseurs, environ 230 000 ascenseurs en France utilisaient encore une téléalarme fonctionnant en 2G fin 2025. Sans adaptation, le dispositif permettant à une personne bloquée dans une cabine de contacter un centre d’assistance risque de devenir inopérant.

Une transition qui inquiète jusqu’au Sénat

L’extinction de la 2G suscite des inquiétudes depuis plusieurs mois. Dans un rapport adopté en février 2026, une commission du Sénat a notamment dénoncé le manque de concertation et les difficultés rencontrées par certains professionnels pour remplacer leurs équipements dans les délais.

Les sénateurs ont formulé treize recommandations afin d’améliorer l’information des utilisateurs et d’éviter les interruptions de services essentiels. Les opérateurs justifient de leur côté cette modernisation par la nécessité de renforcer la sécurité des communications, d’améliorer les performances des réseaux et de réduire leur consommation énergétique. Les fréquences libérées pourront être réutilisées pour des technologies plus récentes.

En Isère, comme ailleurs, la disparition de la 2G marque donc une nouvelle étape de la modernisation numérique. Mais elle pose aussi une question essentielle : comment garantir que cette transition technologique ne laisse pas de côté les personnes les plus fragiles et les équipements indispensables à leur sécurité ?