Entrepreneur grenoblois d’origine libanaise, Jean-Michel Karam pourrait incarner à lui-seul l’esprit d’innovation de notre territoire. Arrivé en France en 1990, il s’est d’abord installé à Paris avant de rejoindre Grenoble, où il a obtenu un doctorat en microélectronique.
« L’entrepreneur du beau et du bien » !
Fondateur de Memscap, entreprise spécialisée dans les capteurs de haute précision pour l’aéronautique et le médical, ainsi que du groupe Yva axé sur l’innovation technologique en cosmétique, santé et environnement, Jean-Michel Karam se définit comme un « entrepreneur du beau et du bien » voire un « soldat du bien » !
Un parcours forgé par l’adversité
Son parcours entrepreneurial puise son inspiration dans son histoire. « Tout entrepreneuriat a des racines personnelles« , explique-t-il. « J’ai été formé par deux écoles de vie particulières : le basket-ball de haut niveau et… la guerre. » Par la force des choses, il a développé le sens des valeurs essentielles : la liberté, la justice, le travail d’équipe et la résilience.
« Moi je me suis battu dans ma vie pour deux valeurs, la liberté et la justice« , confie-t-il. Cette quête de liberté l’a mené vers l’entrepreneuriat, soutenu par Bernard Courtois, son directeur de laboratoire au CNRS, qui a su détecter en lui cette soif d’indépendance.
L’aventure « Qui veut être mon associé »
Devenu investisseur dans l’émission « Qui veut être mon associé » sur M6, Jean-Michel Karam apporte bien plus que des capitaux. « Je lis quatre livres par semaine », révèle-t-il, soulignant l’importance de la culture générale dans l’entrepreneuriat.
Sa méthode d’évaluation repose sur deux axes fondamentaux; L’authenticité de l’entrepreneur : « Est-ce que ce sont de vrais entrepreneurs ? » et l’impact de son écosystème : « Est-ce que mon écosystème peut accélérer le développement du candidat, et comment ? »
« Un entrepreneur c’est quelqu’un qui doit travailler beaucoup, c’est quelqu’un qui est résilient« , précise-t-il. Il avoue secouer un peu les candidats pour « voir s’ils tiennent debout » avant de vérifier s’ils sont sympathiques, car à 55 ans, il n’a « pas trop envie de s’emmerder (sic) » !
L’accompagnement au-delà de l’investissement
Contrairement à d’autres investisseurs, Jean-Michel Karam privilégie l’accompagnement humain. Même pour les projets qu’il refuse, comme pour Marie avec ses rouge-à-lèvres personnalisables, il propose un mentorat gratuit.
« Je pense que je les ai aidés plus que les boîtes dans lesquelles j’ai investi de l’argent « , affirme-t-il. Pour Marie, il a facilité son entrée aux Galeries Lafayette et dans l’Atelier du Sourcil, démontrant que l’apport dépasse largement les 100 000 euros demandés.
La philosophie du Business Angel
« Dans le mot business Angel, il y a le mot Angel », rappelle-t-il. Sa philosophie : ne pas changer l’âme de l’entreprise et intervenir uniquement quand l’entrepreneur en a besoin. « L’âme de l’entreprise c’est l’entrepreneur lui-même« .
Son rôle consiste à éviter aux entrepreneurs les erreurs qu’il a lui-même commises. « Il y a des choses qu’on a apprises en faisant des erreurs et l’idée d’un business Angel, c’est de vous faire éviter des erreurs« .
L’entrepreneuriat, un mode de vie
Jean-Michel Karam insiste sur la réalité de l’entrepreneuriat : « Ce n’est pas un boulot, c’est un mode de vie. Quand l’entrepreneur rentre chez lui, il continue à travailler, la nuit sa tête tourne, il va en vacances, il regarde son téléphone tous les 2 minutes« . Cette passion l’a mené à investir bien au-delà de ses prévisions initiales dans l’émission, « embarqué par cette aventure » et par ces entrepreneurs exceptionnels en qui il se reconnaît.
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