Victime de harcèlement scolaire à l’âge de 12 ans, l’Iséroise Jennifer Michel a décidé de porter son histoire à l’écran. Son film « Je vis, je ris, je meurs » sera projeté samedi 7 novembre à Grenoble, avec l’ambition de sensibiliser et de libérer la parole.
À 12 ans, Jennifer Michel voit sa vie basculer. Alors qu’elle vient d’entrer au collège de Saint-Etienne-de-Saint-Geoirs, elle devient victime de harcèlement scolaire. Les brimades, la peur et l’isolement transforment progressivement son quotidien en cauchemar.
La souffrance est telle que l’adolescente finit par ne plus pouvoir retourner en classe. Elle quitte alors le système scolaire et traverse une période particulièrement douloureuse, marquée par des idées suicidaires.
Pendant plusieurs années, Jennifer Michel ne parvient plus à franchir les portes d’un établissement scolaire. Sa mère, Marie-José Michel, décide alors de raconter leur histoire dans un livre intitulé « Je vis, je ris, je meurs ».

Une centaine de bénévoles mobilisés
Quelques années plus tard, mère et fille se lancent dans un projet ambitieux : adapter ce témoignage au cinéma. Sans expérience dans le septième art, elles décident malgré tout de réaliser un long métrage avec les moyens dont elles disposent.
Autour de l’association 1R2’PROD, près d’une centaine de bénévoles se mobilisent, devant et derrière la caméra. Le tournage s’étale sur neuf mois, auxquels s’ajoutent plusieurs mois de montage.
Le résultat donne un film de près de deux heures qui a obtenu son visa d’exploitation du Centre national du cinéma et de l’image animée et peut donc désormais être diffusé dans les cinémas.
Un retour à l’école hautement symbolique
Au-delà de l’aventure cinématographique, ce projet a une dimension profondément personnelle pour Jennifer Michel. Pour les besoins du tournage, elle a dû retourner dans un établissement scolaire. Un geste qui aurait été impensable quelques années auparavant.
« Des années après avoir été incapable d’en franchir les portes à cause du harcèlement, j’y suis retournée pour participer à la réalisation d’un film racontant ce que j’avais vécu », confie-t-elle. Un retour chargé d’émotion, mais aussi une manière de reprendre possession d’un lieu longtemps associé à la souffrance.

Un film pour libérer la parole
Aujourd’hui, Jennifer Michel souhaite faire de son expérience un outil de prévention. Le film poursuit sa diffusion dans les salles de cinéma, notamment à l’occasion de soirées-débats permettant aux spectateurs d’échanger autour du harcèlement scolaire.
L’objectif est de sensibiliser les jeunes, les familles et les équipes éducatives, mais aussi d’encourager les victimes à parler de ce qu’elles vivent. « Je ne peux pas changer ce que l’adolescente que j’étais a vécu. Mais aujourd’hui, je peux essayer de faire de cette histoire quelque chose d’utile pour d’autres jeunes », explique la réalisatrice.
Le samedi 7 novembre à 19 heures au Pathé Chavant, le public grenoblois pourra à son tour découvrir « Je vis, je ris, je meurs ». Une projection qui prend tout son sens quelques jours après la Journée nationale de lutte contre le harcèlement scolaire, organisée ce jeudi 5 novembre.
🎥 La bande annonce de « Je vis, je ris, je meurs »


