Après deux semaines de vacances, les lycéens isérois ont retrouvé leurs établissements ce lundi 2 novembre. Si les cours ont pu reprendre dans la plupart d’entre-eux, des tentatives de blocage et des interventions policières ont marqué la journée.

Le recteur de l’académie de Grenoble, Philippe Dulbecco, avait fixé un objectif clair : tous les lycées devaient rouvrir ce lundi 2 novembre, après cinq semaines d’une mobilisation lycéenne sans précédent, ponctuée de blocages, de manifestations et parfois de violences.

Mais dès les premières heures de la matinée, plusieurs établissements de l’agglomération grenobloise ont connu de nouvelles tensions. Les vacances de la Toussaint n’auront donc pas suffi à éteindre la contestation.

Entrée lycée Champollion blocage
L’entrée du lycée Champollion en début d’après-midi…

Des policiers mobilisés devant les lycées

Devant les lycées grenoblois Emmanuel-Mounier et Louise Michel, les forces de l’ordre étaient présentes dès l’ouverture. Les élèves souhaitant assister aux cours ont pu entrer dans l’établissement, tandis que d’autres tentaient de les convaincre de rejoindre la mobilisation. Des professeurs ont également participé à la contestation.

Au lycée Champollion, dans le centre-ville, des rassemblements ont également été constatés, accompagnés de fumigènes et de barricades. La police a dû intervenir à plusieurs reprises au cours de la journée pour éloigner ceux qui voulaient bloquer.

À Saint-Martin-d’Hères, la situation a été plus agitée devant le lycée Pablo-Neruda. Des poubelles ont été incendiées et des tirs de mortiers d’artifice signalés. Les policiers sont intervenus pour dégager les accès à l’établissement.

La police a procédé à 14 interpellations dont 7 au moins concernaient des mineurs. Il n’y a pas eu de blessé du côté des forces de l’ordre. Le retour au calme s’est fait progressivement même si de nouveaux tirs de mortiers d’artifice ont eu lieu non loin de l’hôtel de police vers 18 heures pour protester contre ces arrestations.

Selon Allan Brunon, le chef de file grenoblois de La France Insoumise, un militant de son mouvement âgé de 25 ans a été injustement arrêté ce matin alors qu’il filmait une interpellation devant le lycée Louise-Michel. Un rassemblement est prévu devant l’hôtel de police à 20 heures.

feu de poubelle lycée pablo néruda saint-martin-d'hères
Ça a chauffé ce lundi matin à Saint-Martin-d’Hères.

Reprise des cours ou poursuite du mouvement ?

Cette rentrée a aussi mis en évidence des divergences entre les lycéens. Si certains entendent poursuivre les blocages pour obtenir davantage de moyens pour l’Éducation nationale, d’autres souhaitent retrouver une scolarité normale après plusieurs semaines particulièrement perturbées.

Mais tant que l’intervention des forces de l’ordre sera nécessaire devant les établissements scolaires, il sera difficile de retrouver une scolarité normale. Le rectorat a annoncé un accompagnement renforcé des établissements les plus touchés, avec la possibilité de mobiliser des inspecteurs pour aider les équipes pédagogiques, organiser le rattrapage des cours et prévenir le décrochage scolaire.

police intervention devant le lycée champollion
Intervention des forces de l’ordre au lycée Champollion.

Les annonces n’ont pas convaincu

Le 26 octobre, le gouvernement avait pourtant présenté un ensemble de mesures destinées à répondre à la colère des lycéens : réduction des effectifs dans les classes, amélioration du remplacement des enseignants, évolution de Parcoursup et moyens supplémentaires pour les établissements.

Des annonces jugées insuffisantes par une grande partie des lycéens mobilisés, qui réclament des engagements plus immédiats, plus concrets et plus en phase avec leurs revendications. Les lycéens réclament par exemple 150 000 places supplémentaires à l’université alors que le gouvernement n’en a promis que 15 000.

La suite du mouvement devrait se jouer dans les prochains jours. Plusieurs organisations lycéennes et étudiantes appellent à de nouveaux blocages ce mardi, puis jeudi 5 novembre, à l’occasion d’une journée de mobilisation interprofessionnelle qui s’annonce très suivie.