La chasse ouvre ce dimanche 13 septembre en Isère. Une période qui ravive chaque année les inquiétudes de certains amateurs de plein air contraints de partager les mêmes espaces avec les chasseurs

À partir de dimanche, chasseurs, randonneurs, vététistes, traileurs et simples promeneurs vont de nouveau devoir apprendre à partager forêts, chemins et espaces naturels. En Isère, département où les activités de pleine nature occupent une place importante, l’ouverture générale de la chasse marque chaque année le retour d’une cohabitation parfois délicate.

La chasse autorisée 6 jours sur 7

En Isère, la chasse peut être pratiquée durant la période d’ouverture générale tous les jours à l’exception du vendredi, journée de non-chasse instaurée dans le département. Selon la Fédération départementale des chasseurs de l’Isère, l’activité se concentre principalement entre septembre et fin février pour environ 15 000 pratiquants.

Une organisation qui ne suffit pas toujours à rassurer les autres usagers de la nature. Avec ses massifs de Chartreuse, du Vercors, de Belledonne ou encore de l’Oisans, l’Isère compte de très nombreux pratiquants de randonnée, de trail ou de VTT. À l’automne, la fréquentation des sentiers reste importante, notamment les week-ends, précisément lorsque l’activité cynégétique est elle aussi soutenue.

La présence de panneaux signalant une « chasse en cours » ou une battue peut ainsi susciter incompréhension ou inquiétude chez les promeneurs. Un panneau de chasse en cours ne signifie toutefois pas nécessairement que le chemin est interdit : la Fédération des chasseurs recommande aux promeneurs de rester prudents et de se renseigner auprès des chasseurs présents sur place.

Chasse en cours

Visibilité et dialogue pour éviter les accidents

La sécurité constitue donc l’enjeu majeur de cette cohabitation. La Fédération départementale des chasseurs recommande aux promeneurs de porter des vêtements clairs ou de couleur vive, de privilégier les sentiers balisés et de signaler leur présence lorsqu’ils rencontrent des chasseurs. De leur côté, ces derniers sont soumis à des règles de sécurité et peuvent être sanctionnés par les agents de l’Office français de la biodiversité en cas de manquement.

La Fédération indique également que les chasseurs sont invités à limiter leur activité lors des journées de forte fréquentation dans les secteurs particulièrement destinés à l’accueil du public. Une consigne qui n’est pas toujours respectée. En 2015, un chasseur de Revel avait tué un étudiant de 20 ans sur le parking de Freydières, l’un des départs de randonnée les plus fréquentés du massif de Belledonne.

La forêt, un espace à partager

Au-delà des règles, l’ouverture de la chasse remet surtout sur la table une question récurrente : celle du partage de la nature. Les chasseurs rappellent leur rôle dans la régulation du grand gibier, notamment du sanglier, dont la maîtrise des populations vise entre autres à limiter les dégâts agricoles. L’État souligne lui aussi le rôle de la chasse dans l’équilibre entre populations animales, espaces forestiers et activités agricoles.

sangliers chasse IA
9 000 sangliers ont été tués en Isère en 2024-2025, soit 42 % de l’ensemble du grand gibier abattu dans le département

Pour les randonneurs et autres pratiquants de loisirs de plein air, la question porte davantage sur la possibilité de profiter des espaces naturels sans sentiment d’insécurité. Une question qui peut se poser aussi l’été avec la présence des patous dans les alpages.

Entre activité réglementée pour les uns et liberté de circuler pour les autres, la cohabitation repose donc largement sur l’information, la visibilité et le dialogue. Avec le retour des chasseurs sur le terrain ce dimanche, ces principes vont retrouver toute leur importance sur les sentiers isérois.

👉 L’application, Chasseinfo permet de localiser les zones de chasse collective