À l’ombre des grandes voisines comme Chamrousse, Les Sept Laux ou Le Collet d’Allevard, la quatrième du massif Belledonne station cultive la discrétion… et l’exception. Au Grand Plan, sur les hauteurs de la commune de Crêts-en-Belledonne, ce sont les bénévoles qui tiennent les rênes. Depuis plus de 50 ans. Invités sur l’émission sur le plateau de TG+, Marie Maritchou Girault, secrétaire, et Marc Rosset, président du ski club du Barioz, ont raconté l’histoire singulière de ce domaine skiable associatif, sans équivalent en France.
L’aventure commence en 1974, sous l’impulsion d’une poignée de « fous visionnaires ». Leur objectif ? Offrir aux enfants du pays d’Allevard un lieu pour apprendre à skier, à taille humaine et accessible aux familles ouvrières de la vallée. « Tout a été construit par les bénévoles, financé par les bénévoles », rappelle Maritchou. À l’époque, alors que les grandes stations se développent, l’ambition du Grand Plan reste modeste : un stade de neige familial, pensé comme un outil de cohésion sociale. Avant même le site actuel, le ski club avait investi d’autres terrains plus bas en altitude, au col du Barioz ou avait été installé un petit remonte-pente . «Les enfants se retrouvaient dans une ancienne école pour boire un chocolat chaud, le lait étant parfois récupéré à la ferme voisine. Une autre époque » se rappelle Maritchou.

Trois remontées, 400 mètres de dénivelé et toutes les couleurs de pistes
Aujourd’hui, le domaine compte deux téléskis et un fil neige. Les installations ont été modernisées, mais reposent toujours sur les structures d’origine. « Quand je suis arrivé en 1986, il n’y avait pas encore l’électricité, on fonctionnait avec des groupes électrogènes », sourit Marc Rosset. Le téléski principal s’étire sur 800 mètres pour 370 mètres de dénivelé. À cela s’ajoute le « téléski des sources », prisé des débutants. Un nom approprié puisqu’au Grand Plan l’eau est présente en abondance, la piste étant le déversoir naturel du plateau du Crêt du Poulet. Côté glisse, toutes les couleurs sont représentées : verte, bleue, rouge… et même une noire non damée, la piste des Fougères, rouverte récemment lorsque l’enneigement le permet. « Un enfant qui obtient sa troisième étoile chez nous peut skier partout », assure la secrétaire du club. Chaque saison, entre 200 et 250 jeunes fréquentent le ski club qui est le moteur de la station.

Une centaine de bénévoles pour faire tourner la machine
Environ 120 bénévoles gravitent autour de l’association. Parents, grands-parents, amis… Beaucoup mettent à profit leurs compétences professionnelles : mécanique, électricité, automatisme, travaux publics. Marc Rosset, ingénieur en automatismes, supervise par exemple les armoires électriques et les enneigeurs. D’autres assurent le damage, l’entretien ou la gestion des remontées. « Ce fonctionnement ne tient que parce que nous avons ces compétences en interne », souligne-t-il. La station bénéficie aussi de solidarités locales, qu’il s’agisse d’autres domaines skiables ou d’entreprises du territoire. Un soutien indispensable car « ce ne sont pas les forfaits qui équilibrent les comptes », reconnaît Maritchou et pour cause ! Le forfait journée est vendu à 10 euros pour les adultes et 6 euros pour les enfants. On ne peut pas skier moins cher en Isère. Avec en plus la garantie de pouvoir se garer au pied des pistes !

Un forfait journée à seulement 10 euros
Comme partout en moyenne montagne, l’enneigement impose des ajustements. La station s’appuie sur ses enneigeurs en début de saison. « Ici, l’eau ne manque pas. Si on ne la transforme pas en neige, on la retrouve en plaques de glace sur la piste », explique le président. Cette année, le domaine a fait le plein de flocons en février. De quoi assurer l’ouverture des pistes sur le mois de mars. À l’heure où certaines petites stations ferment, le Grand Plan continue d’écrire son histoire collective. Une station à taille humaine, portée par l’énergie d’un territoire — et par la conviction qu’apprendre à skier ne devrait pas être un luxe.
👉 La station du Grand Plan est uniquement ouverte le week-end. 🎥 Retrouvez Maritchou Girault et Marc Rosset dans l’émission « Le + »
