A cause des canicules qui s’enchaînent et du manque de précipitations, des opérations de sauvetage des poissons ont été lancées dans de nombreuses rivières iséroises en cours d’assèchement.
Il n’y a pas que les cultures en plaine ou les animaux en alpage qui souffrent de la sécheresse. Le niveau de la plupart des rivières de notre département est en forte baisse. La fédération de pêche de l’Isère considère même la situation comme catastrophique avec des dégâts jugés irréparables dans les cours d’eau à sec.
Les agents de l’environnement et les associations de pêcheurs multiplient donc depuis plusieurs semaines des opération de pêche un peu particulières puisqu’elles consistent à sauver les poissons menacés de mort.
Une mesure de protection exceptionnelle
L’assèchement d’un cours d’eau provoque rapidement des conditions très difficiles pour la faune aquatique. La température de l’eau augmente, sa teneur en oxygène diminue et les poissons disposent de moins en moins d’espace pour se déplacer. Les individus peuvent alors se retrouver concentrés dans quelques mares résiduelles, particulièrement vulnérables à la prédation et au manque d’oxygène.
La pêche de sauvegarde consiste à capturer temporairement les poissons encore présents dans un secteur menacé, puis à les transférer vers une partie du cours d’eau où les conditions sont plus favorables.

Les poissons sont « électrisés »
Les opérations sont réalisées par des personnes formées et équipées. Une technique couramment utilisée est la pêche électrique. Un appareil délivre un courant électrique contrôlé dans l’eau, ce qui provoque une immobilisation temporaire des poissons et permet de les récupérer à l’aide d’une épuisette. L’intensité et les paramètres du courant sont adaptés afin de limiter les risques pour les animaux.
Les poissons capturés sont rapidement placés dans des récipients contenant de l’eau du cours d’eau. Ils peuvent être identifiés, comptés et, selon les opérations, mesurés avant leur transfert. Ils sont ensuite relâchés dans une zone encore en eau, présentant des conditions compatibles avec leur survie.

La pêche de sauvegarde constitue ainsi une mesure exceptionnelle de protection de la faune aquatique, destinée à limiter les conséquences des épisodes d’étiage sévère et des assecs sur les populations de poissons. Les équipes doivent agir rapidement, car la situation peut évoluer en quelques heures, notamment lors des périodes de fortes chaleurs.