Le 19 juillet 1996, Léo Balley, âgé de 6 ans et demi, disparaissait sans laisser de trace dans le massif du Taillefer au-dessus de Grenoble, malgré des recherches d’une ampleur exceptionnelle. Trente ans plus tard, cette affaire reste l’un des plus grands mystères criminels du département.

Cet été là, Léo Balley passe quelques jours en montagne sur le plateau des lacs avec son père et trois amis. En fin d’après-midi, le groupe quitte le campement situé à proximité du lac Fourchu pour aller chercher de l’eau à une cascade située à un peu plus d’un kilomètre. Fatigué, le garçon décide de rebrousser chemin seul afin de rejoindre les tentes, tandis que les adultes poursuivent leur marche. Il n’a que quelques centaines de mètres à parcourir mais lorsque les adultes reviennent au camp, Léo n’est pas là.

L’alerte est donnée immédiatement. Très vite, un impressionnant dispositif est déployé. Gendarmes, CRS de montagne, secouristes, militaires, maîtres-chiens, hélicoptères et des centaines de bénévoles ratissent le secteur pendant plusieurs jours. Les lacs du plateau sont sondés, les falaises, pierriers et ravins minutieusement inspectés. Les recherches se poursuivront durant plusieurs semaines, puis reprendront à plusieurs reprises au fil des années, sans jamais permettre de retrouver le moindre indice matériel.

Lac Fourchu
Le plateau des lacs est situé à plus de 2000 mètres d’altitude

Dès les premières heures, plusieurs hypothèses sont étudiées. Celle d’un accident en montagne paraît plausible compte tenu du relief accidenté. Les enquêteurs envisagent également une disparition volontaire, rapidement écartée en raison du jeune âge de l’enfant. La piste criminelle est également explorée, notamment après plusieurs témoignages évoquant la présence d’un véhicule suspect dans le secteur ce jour-là. Ces investigations n’aboutiront toutefois à aucun élément décisif.

L’affaire rejoint progressivement le dossier des « Disparus de l’Isère », qui regroupe plusieurs disparitions et meurtres d’enfants survenus dans le département entre les années 1980 et 1990. En 2008, la cellule d’enquête spécialisée « Mineurs 38 » est créée afin de réexaminer ces affaires et rechercher d’éventuels liens. Malgré ce travail de fond, le mystère entourant la disparition de Léo Balley demeure entier.