Si vous apercevez des traces de ski sur les falaises abruptes du Mont-Aiguille, vous n’êtes pas la proie d’hallucinations. Trois skieurs expérimentés ont effectivement réussi, cette semaine, la descente audacieuse de ce sommet emblématique de l’Isère.
C’est un exploit qui mêle émotion, patience et maîtrise technique. Après deux années d’attente pour que les conditions soient parfaites, les skieurs Vivian Bruchez, Xavier Cailhol et François Kern se sont lancés dans la descente de la voie des Tubulaires au Mont Aiguille. Après avoir gravi le sommet par la voie normale, ils ont skié un itinéraire bien connu des adeptes de l’escalade.

Deux ans de patience pour trouver les bonnes conditions
Les images de leur périple, véritable labyrinthe visuel, témoignent de la beauté et de la complexité de ce site emblématique de l’Isère. « Les conditions de neige étaient très difficiles à trouver, c’était un pari osé », confie le chamoniard Vivian Bruchez, grand spécialiste du ski de pente raide. Les trois compagnons avaient pris soin de repérer la voie depuis les montagnes environnantes la veille.

Un sommet mythique dans l’histoire de l’alpinisme
« Ni la montée ni la descente n’ont été simples » explique le Grenoblois François Kern. Si le terrain n’est jamais très raide, l’atmosphère unique du Mont Aiguille impose respect et concentration. Cette voie avait été ouverte à ski en 1988 par William Grosso, puis répétée par Pierre Tardivel et Rémy Lécluse, en 1992, à l’occasion du 500ᵉ anniversaire de la première ascension du Mont Aiguille en 1492. « Que l’on pratique le ski ou l’alpinisme, ce sommet mérite d’aller y vivre sa propre histoire » résume Vivian Bruchez sur son compte Instagram. Et pour ces trois skieurs intrépides, cette aventure laissera forcément une trace inoubliable.

🎥 Vivian Bruchez a skié tous les 4000 des Alpes. Il nous parle de ski de pente raide dans l’émission Grand Air.